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Femmes en Poésie
14 août 2024

Jany Cotteron (1944 -) : Je t’attends

Jany Cotteron (1944 -) : Je t’attends
© Josha Cotteron Je t’attends Seule Ce matin tu as quitté le creux tiède de mon ventre où tu t’abandonnes Ma main a cherché la douceur de ta hanche qui disperse les ombres de la nuit. Sans toi Sans retrouver le bleu de tes yeux le soir quand tu ouvres...
19 août 2020

Jany Cotteron (1944 -) : Laisse-moi

Jany Cotteron (1944 -) : Laisse-moi
Laisse-moi Laisse-moi J’ai des vagues de haine au bord de mes paupières Des flux de mots amers en houle de silence Laisse-moi Dans l’écume de sang où chavire ma vie Dans le ressac lancinant qui gémit dans ma tête Laisse-moi Sur le sable de l’absence se...
7 décembre 2025

Beatritz, Comtessa de Dia (vers 1140 - après 1175) : « Ami dans une grande angoisse... » / « Amicx, en gran cossirier ... »

Beatritz, Comtessa de Dia (vers 1140 - après 1175) : « Ami dans une grande angoisse... » / « Amicx, en gran cossirier ... »
Le buste de la Comtesse à Die Ami dans une grande angoisse je suis par vous en dure peine et du mal dont je me plains je crois que vous ne souffrez guère pourquoi vous mettez-vous amoureux si vous me laissez tout le mal nous ne partageons pas également...
20 décembre 2024

Beatritz, Comtessa de Dia (vers 1140 - après 1175) : « Il me faut chanter... » / « A chantar m'er... »

Beatritz, Comtessa de Dia (vers 1140 - après 1175) : « Il me faut chanter... » / « A chantar  m'er... »
Il me faut chanter ce que je ne voudrais pas tant j’ai chagrin de qui je suis l’amie je l’aime plus qu’aucune chose qui soit mais pour lui ne valent pitié ni courtoisie ni ma beauté ni mon prix ni mon esprit ainsi je suis et trompée et trahie comme je...
25 janvier 2017

Beatriz Comtessa de Dia (vers 1140 – après 1175) : « Grande peine m’est advenue… » / « Estat ai en

Beatriz Comtessa de Dia (vers 1140 – après 1175) : « Grande peine m’est advenue… » / « Estat ai en
Grande peine m'est advenue Pour un chevalier que j'ai eu, Je veux qu'en tous les temps l'on sache Comment moi, je l'ai tant aimé; Et maintenant je suis trahie, Car je lui refusais l'amour, J'étais pourtant en grand'folie Au lit comme toute vêtue. Combien...
8 août 2024

Malka Heifetz-Tuzman (1896 – 1987) : Guilboa

Malka Heifetz-Tuzman (1896 – 1987) : Guilboa
Guilboa * Me voici près de toi Comme Ruth couchée aux pieds de Booz, Mais nulle Noémie ne m’envoya, D’eux-mêmes jusqu’ici se hâtèrent mes pas, Mon amant Guilboa. Tu vois, je suis femme stérile, dévastée, Qui n’attend d’aide que de toi, Mon amant Guilboa....
29 juillet 2021

Mérédith Le Dez (1973 -) : Ombre penchée

Mérédith Le Dez (1973 -) : Ombre penchée
Ombre penchée I Entre dans la nuit des chambres mauves à pas de louve l’ombre penchée son écharpe froide en écharpe glissée au cou des gisants bat le rappel penche à pas de louve entrée l’ombre blanche des nuits mauves sa main flottée en bandeau de rien...
25 juillet 2024

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Maintenant qu’il est disparu... »

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Maintenant qu’il est disparu... »
Le Télégramme Maintenant qu’il est disparu et peut-être bien mort nul n’en sait rien et c’est tout comme j’ai pris la place de l’homme qui marche et dort dans les granges c’est moi qui vaque dans ses pas vers mon finistère qui est aussi le sien car en...
29 juillet 2018

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Il y a la guerre... »

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Il y a la guerre... »
Il y a la guerre dans ce pays et tout autour encore il y a la guerre la guerre est sur tous les fronts elle ronge les yeux elle mange le ventre elle inonde les lèvres d’une écume nauséabonde telle est la guerre sans égard sans attente la guerre étale...
27 juillet 2022

Mérédith Le Dez (1973 -) : Jardin d’hiver

Mérédith Le Dez (1973 -) : Jardin d’hiver
Jardin d’hiver Long novembre étendu sur nos terres d’asile : soleil en feu, azulejo du ciel, splendeur des pâtures au-delà du verger. Sécheresse d’automne ne s’inclina jamais si tard... L’ombre de décembre vient, sans la cendre coutumière de la saison....
30 juillet 2019

Mérédith Le Dez (1973 -) : Souviens-moi

Mérédith Le Dez (1973 -) : Souviens-moi
Souviens-moi I Souviens-moi à voix basse de l’ombre encore dans l’enclos et toujours souviens-moi les yeux mi-clos du jours dehors prêt à bondir Oui Souviens-moi inlassable de la clairière du poème II Souviens-moi Souviens-moi aux boucles des matins empoignés...
11 juillet 2024

Patrizia Gattaceca (1957 -) : « La maison qui fut nôtre... « / « A casa ch’è no fuimu... »

Patrizia Gattaceca (1957 -) : « La maison qui fut nôtre... « / « A casa ch’è no fuimu... »
La maison qui fut nôtre était un ruisseau où venaient boire les oiseaux au milieu de nos gazouillis échappés du colombier * Les ronces de l’enfance griffent ma mémoire comme une couronne de feu mon regard transperce le temps et je veille sur les automnes...
9 mars 2024

Lilian Dartiguenave (1907 – 2007) : Souvenance

Lilian Dartiguenave (1907 – 2007) : Souvenance
Imprimerie Henri Deschamps, Port-au-Prince (Haït)i, 1985 Souvenance Ce soir la révolte crie dans mon cœur dans mon corps de femme noire je suis mon aïeule nègre dont le visage pâle a souillé la couche ce soir la colère hurle en mon être car en ce jour...
4 avril 2017

Wisława Szymborska (1923 – 2012)) : Monologue pour Cassandre / Monolog dla Kasandry

Wisława Szymborska (1923 – 2012)) : Monologue pour Cassandre / Monolog dla Kasandry
Monologue pour Cassandre C’est moi, Cassandre. Et voici ma cité recouverte de braises. Et voici mon bâton, mes rubans de prophète. Et voici ma tête pleine d’incertitudes. C’est vrai, je triomphe. Le feu de ma raison lèche la voûte céleste. Seuls les prophètes...
29 juin 2024

Fâ’eqa Javâd Mohâjer (1975 -) : Printemps

Fâ’eqa Javâd Mohâjer (1975 -) : Printemps
Printemps Par les chemins des vallées fleuries, ... viens, ô printemps Avec tes souvenirs anciens, reviens à Kaboul, ô printemps Souviens-toi des princes de ma ville Et, avec les filles coquettes, reviens, ô printemps Ecoules-toi sur nos tombes innombrables...
12 juillet 2019

Wisława Szymborska (1923 – 2012) : Ca va sans titre / Może być bez tytułu

 Wisława Szymborska (1923 – 2012) : Ca va sans titre / Może być bez tytułu
Ca va sans titre On en est arrivé là : je suis assise sous un arbre, au bord d’une rivière, un matin de soleil. C’est un évènement anodin que ne retiendra pas l’histoire. Ni une bataille, ni un pacte dont on sonde les motivations, ni le meurtre mémorable...
4 avril 2023

Cartographie Messyl (19 ? -) : Stellaire

Cartographie Messyl (19 ? -) : Stellaire
Stellaire A la lune blanche Heures floues dans le cou de la nuit qui se sait cicatrices et morsures des papiers égarés J’observe les étoiles absentes blanchir le temps ce temps de cicatrices sur la face Feu le ciel et morsures de la lune J’entends le...
2 mars 2017

Emily Jane Brontë (1818 – 1848)) : Il devrait n’être point de désespoir pour toi / There should be no despair for you

Emily Jane Brontë (1818 – 1848)) : Il devrait n’être point de désespoir pour toi / There should be no despair for you
Il devrait n’être point de désespoir pour toi Tant que brûle la nuit les étoiles, Tant que le soir répand sa rosée silencieuse, Que le soleil dore le matin. Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes Ruissellent comme une rivière : Les plus...
5 mars 2017

Nelly Sachs (1891 – 1970) : « Ici où dans le sel… »

Nelly Sachs (1891 – 1970) : « Ici où dans le sel… »
Ici dans le sel Ici où dans le sel j’ai fait naufrage Ici au bord de la mer dont les nourrissons bleus comblés de lune s’allaitent aux âmes Ici dans le sable qui dansa dans le Zodiaque et de nouveau gît mélangé en un chiffre à ce qui est encore à naître...
16 octobre 2019

Nelly Sachs (1891 – 1970) : Papillon / Schmetterling

Nelly Sachs (1891 – 1970) : Papillon / Schmetterling
Papillon Quel bel Au-Delà peint dans ta poussière. Par le noyau de flammes de la terre, par son écorce de pierre tu as été offert, voile d’adieu dans la mesure des périssabilités. Papillon bonne nuit de tous les êtres ! Les poids de la vie et de la mort...
17 octobre 2020

Nelly Sachs (1891 - 1970) : « C’est l’heure planétaire des fugitifs... « / « Das ist der Flüchtlinge Planetenstunde... »

Nelly Sachs (1891 - 1970) : « C’est l’heure planétaire des fugitifs... « / « Das ist der Flüchtlinge Planetenstunde... »
C’est l’heure planétaire des fugitifs. C’est la fuite arracheuse des fugitifs vers le haut mal, vers la mort ! C’est la chute astrale hors de l’arrestation magique du seuil, du foyer, du pain. C’est la pomme noire de la connaissance, la peur ! Soleil...
28 janvier 2025

Nelly Sachs (1891 – 1970) : Celle qui se met enquête / Die Suchende

Nelly Sachs (1891 – 1970) : Celle qui se met enquête / Die Suchende
Celle qui se met enquête I Depuis l’orchestre de danse orageux où les notes s’envolent de leur nid noir pour se suicider celle sous l’emprise de la souffrance parcourt le triangle magique de sa quête là où le feu est effeuillé l’eau atteinte pour la noyade...
31 mars 2024

Dong Xiaowan / 绘女图 (1624 - 1651) : Improvisation devant la fenêtre / « 幽 窗獨坐撫瑤

Dong Xiaowan / 绘女图  (1624 - 1651) : Improvisation devant la fenêtre / « 幽 窗獨坐撫瑤
Improvisation devant la fenêtre Profondément mélancolique, je regarde des fleurs Assise solitaire devant la fenêtre Je laisse pleurer mon violon à sept cordes Le loriot seul semble comprendre mon cœur Par delà les saules pleureurs Il m’envoie de temps...
3 mars 2022

Kikí Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Signe de reconnaissance /Σημείο ναγνωρίσεως

Kikí Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Signe de reconnaissance /Σημείο ναγνωρίσεως
Signe de reconnaissance Statue de femme aux mains liées Tout le monde t’appelle aussitôt statue et moi aussitôt je te donne le nom de femme. Tu décores un jardin public. De loin tu nous trompes. On te croirait légèrement redressée pour te souvenir d’un...
29 mars 2020

Kikí Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Temps allongé / ΑΝΑΣΚΕΛΟΣ ΧΡΟΝΟΣ

Kikí Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Temps allongé / ΑΝΑΣΚΕΛΟΣ ΧΡΟΝΟΣ
Temps allongé Herbe et camomille sur la terre du dedans du dehors verdure salutatoire oracle qui étale prophétie verte. Une offre de choix cette refloraison et cela paraît facile d’envelopper la nudité. Quelle panique cette poussée de fleurs pour se trouver...
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