05 août 2021

Anna Akhmatova / Анна Ахматова (1889 - 1966) : Tout au bord de la mer / У самого моря

Dessin de Modigliani, 1911   Tout au bord de la mer   1 Les baies découpaient la côte basse, Toutes les voiles s’enfuyaient vers la mer ; Moi, je faisais sécher ma tresse, Chargée de sel, sur une pierre plate A plus d’une verste de la terre. Un poisson vert s’approchait de moi, Une mouette blanche me rendait visite, Et j’étais hardie, méchante et gaie. Et je ne savais pas que c’est là le bonheur. J’enfouissais ma robe jaune dans le sable Pour que ne puissent l’emporter Ni le souffle du vent, ni un... [Lire la suite]
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01 août 2021

Emily Jane Brontë (1818 - 1848) :« Dis-moi, dis, souriante enfant... » / « Tell me, tell me, smiling child... »

  Dis-moi, dis, souriante enfant, Qu’est-ce, pour toi, que le passé ? « Un soir d’automne, doux et clément, Où le vent soupire endeuillé. »   Qu’est-ce, pour toi, que le présent ? « Un rameau vert chargé de fleurs Où l’oiselet bande ses forces Pour s’envoler dans les hauteurs. »   Et l’avenir, enfant bénie ? « La mer sous un soleil sans voiles, La mer puissante, éblouissante Qui, là-bas, rejoint l’infini. » Juillet 1836   Traduit de l’anglais par... [Lire la suite]
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29 juillet 2021

Mérédith Le Dez (1973 -) : Ombre penchée

  Ombre penchée   I Entre dans la nuit des chambres mauves à pas de louve l’ombre penchée   son écharpe froide en écharpe glissée au cou des gisants bat le rappel   penche à pas de louve entrée l’ombre blanche des nuits mauves   sa main flottée en bandeau de rien au front intranquille signe encore   Ouvre une bouche lente à mots de louve la mauve entrée   sa voix rêvée en somme au cœur étranglé pince la corde   - Dans la nuit blanche des sombres passes mauve à... [Lire la suite]
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19 juillet 2021

Florence Pazzottu (1962 -) : « de la nuit le noir aiguillon... »

    de la nuit le noir aiguillon langues amers méandres mûrit la voix lève la terre par la mort enchantée   inachevée en son murmure mûrit la voix lève la terre larves et graines promises éprises haut deuil chant d’os de roche frisson de chair haut deuil   rien n’est silence   en son cercle indolent douleur d’éternité chavire presque accompli chavire   son sang brouillé   Le Nouvel Ecriterres, N° 3, Automne 1990 29720 Plonéour-Lanvern,1991 Voir aussi : ... [Lire la suite]
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12 juillet 2021

Wisława Szymborska (1923 – 2012) : Prêt-à-vivre / Życie na poczekaniu.

  Prêt-à-vivre   Voilà du prêt-à-vivre. Pièce sans répétition. Corps sans essayage. Tête sans réflexion.   J’ignore le rôle qu’on me fait jouer. Je sais seulement qu’il ne peut être qu’à moi.   L’intrigue, je suis bien obligée de la démêler une fois sur scène.   Préparée à la diable pour cet honneur de vivre, j’ai du mal à soutenir le tempo de l’action. J’improvise, bien que l’improvisation m’écoeure. Je bute à chaque instant sur l’ignorance des choses. Mes manières fleurent sans doute la... [Lire la suite]
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27 juin 2021

Sapphô / Σαπφώ (Vers 1630 – Vers 1580 av. J.C.) : Je serai toujours vierge

  Je serai toujours vierge   Je demeurerai vierge comme la neige Sereine, qui dort là-bas d’un blanc sommeil, Qui dort pâlement, et que l’hiver protège Du brutal soleil.   Et j’ignorerai la souillure et l’empreinte Comme l’eau du fleuve et l’haleine du nord. Je fuirai l’horreur sanglante de l’étreinte, Du baiser qui mord.    Je demeurai vierge comme la lune Qui se réfléchit dans le miroir du flot, Et que le désir de la mer importune De son long sanglot.   Traduit du grec par René... [Lire la suite]
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25 juin 2021

Angèle Vannier (1917 – 1980) : Pierre levée

    Pierre levée   Pierre je compatis à ta vie lente et dure. Même le saule en pleurs ne me déchire pas Comme le verbe d’or caché sous ton armure.   J’entrerai dans ta nuit dans la nuit de Noël Et quand tu te mettras à tourner sur toi-même Tu sauras qu’une seule enfant des hommes t’aime Et se souvient d’avoir été semblable à toi.   Bruyères de mon sang pardonnez-moi l’adieu Que je vous ai donné sans détourner la tête Je suis de ce granit qui pense et qui ne peut Traduire pour Jésus sa prière... [Lire la suite]
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22 juin 2021

Erika Vouk (1941 -) : « La nuit va tomber... / « Ze skorajnoč... »

  La nuit va tomber, mais les goélands gagnent les hauteurs de l’air, d’un blanc éclatant tout à l’heure, à présent, dans l’or mourant du crépuscule pareils aux mornes oiseaux gris de la légende sur le bateau mort du vieux timonier. – Le flux réveille la puanteur des algues mortes. Lune décroissante au nez effilé.   Traduit du slovène par Barbara Poganik et Alain Lance, In, « Les Poètes de la Méditerranée. Anthologie », Editions Gallimard, Culturesfrance, 2010     Ze skorajnoč, a v... [Lire la suite]
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16 juin 2021

Rita Mestokosho (1966 -) : « J’ai rêvé du Paradis... »

  J’ai rêvé du Paradis   Dans le monde du Paradis C’est l’hiver tout est blanc Les saisons vivent ensemble Et les Êtres de lumière Sont habillés de couleurs.   Je suis arrivée là-bas En plein rassemblement La voix invisible m’a parlé J’ai demandé où j’étais « Tu es au Paradis » m’a-t-il dit.   Je me suis étendu sur la neige Le froid n’existe pas Le Temps n’existe pas J’ai senti seulement un bien-être Que je ne peux pas expliquer.   Le Paradis vit sur la montagne Qui touche les... [Lire la suite]
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08 juin 2021

Françoise Morvan (1958 -) : Retour/Allège

  Retour   Le cri du grèbe et le roseau creusé Sur la grève ouverte ou le gravier d’eau Comme au travers d’un cristal de sulfure Rendent l’hiver plus tendre et plus fragile   Lorsqu’on entre à l’aube dans la maison vide Le long souvenir des amis perdus Forme un écran de soie tendu sur le jour Où vont sans êtres vues les formes des fantômes.   Allège   Cristaux de neige en train de se défaire au soleil Odeur bleuâtre du grésil Une abeille endormie de froid Le lin glacé dans l’armoire  ... [Lire la suite]
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