30 juillet 2017

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Front collé à la vitre …

  XVII   Front collé à la vitre de février, une nostalgie de Baltique s’épand à l’horizon. Sous le paquet anthracite des nuages s’étrécit une zone claire que l’on dirait sableuse, où le souvenir arpente comme un marcheur regrette une négligence.   La musique tend des pièges de mer, des algues d’oubli douce, les tresses d’une cage de sirène suspendue entre des eaux intemporelles, ou des miroirs ondoyant.   Foulée jaune en lisière de plage. Le soir grise sur la mer les coques des épaves en rouille,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:37 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags :

24 juillet 2017

Hélène Cadou (1922 - 2014) : Ilarie Voronca...

  Ilarie Voronca…   Ilarie Voronca Comment pourrais-je avouer ce que je vous dois ? Des soirs tristes comme une lanterne au bord de la ville Une amitié plus légère qu’un fantôme d’île Patmos aperçue dans la brume (Etait-ce le séjour des poètes Etais-ce le navire heureux Où Dante s’embarqua pour retrouver Béatrice ?) Ilarie Voronca vous êtes une longue route oubliée Un frère que je n’ai pas connu et qui m’arrive Tel un arbre perdu Une fenêtre ouverte au plus noir de l’exil Vous nous avez précédés... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:37 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
14 juillet 2017

Wisława Szymborska (1923 /2012) : Psaume / Psalm

Psaume   Ô, combien perméables sont les frontières humaines ! Voyez tous ces nuages qui passent, impunément, ces sables du désert filant d’un pays à l’autre, ces cailloux des montagnes pénétrant chez l’ennemi en d’insolents sursauts !   Est-il besoin de prendre un à un les oiseaux qui volent ou qui se posent sur la barrière baissée ? Ne serait-il qu’un moineau, et voilà que déjà sa queue est limitrophe, et son bec indigène. Et puis, qu’est-ce qu’il gigote !   Parmi les innombrables... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 22:29 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
05 juillet 2017

Azadée Nichapour (1968 -) : Enigme

  Enigme   Heureusement que les miroirs sont différents   Sinon on se ressemblerait comme deux gouttes d’eau   On pourrait même se prendre pour soi-même Il ne manquerait plus que de se croire unique   Parfois la beauté Editions Seghers (Autour du monde), 2008 
Posté par bernard22 à 12:31 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
29 juin 2017

Angèle Vannier (1917 - 1980) : L’aveugle à son miroir

  L'aveugle à son miroir   L'ange exterminateur a retourné mes yeux Vers la terre promise et la face de Dieu. Je bénis cette main qui m'a donné le droit De changer l'eau en vin à la table du roi.   Aveugle chaque jour, j'entre dans mon miroir Comme un pas dans la nuit comme un mort dans la tombe Comme un vivant sans coeur dans un corps de colombe. Mais je vois de mes yeux courir sous le manteau   Quelque chose de Dieu qui passe et qui repasse La couleur d'un amour qu'un regard d'homme... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 19:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 juin 2017

Nivyabandi (Ketty) : Trois ethnies

  Trois ethnies   Trois ethnies Trois jolis sourires Trois jeunes destins Trois petites filles Trois éclats de rire qui chatouillent les manguiers.   Elles jouent en cercle en se tenant la main, Sandales et peurs au vent, Trois rêves ludiques, Trois chansons.   Un deux, trois, elles sautillent, Et petites nattes se hissent à l’horizon. Un deux, trois, elles sautillent, Six petits pieds se posent sur la terre fébrile ; Fraîchement violée par ses fils, Féconde et porteuse en son sein de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 16:41 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

12 mai 2017

Laure Morali (1972 -) : « Je t’écris sans papier sans crayon… »

  Je t’écris sans papier sans crayon        Tu recevras  mes  lettres des quatre coins du vent car j’ai la certitude que tu m’attends au bout de mes voyages    Fille sans nom   Tout a commencé lorsqu’un nom    roche et glace      a ouvert le désir       Gaspésie le nom d’une péninsule   J’ai fait mes bagages avec la désinvolture qu’il faut    une juste mesure de... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 15:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
10 mai 2017

Sapphô / Σαπφώ (vers 1630 – vers 1580 av. J. C.) : A une aimée

  A une aimée   Il goûte le bonheur que connaissent les dieux Celui qui peut auprès de toi Se tenir et te regarder, Celui qui peut goûter la douceur de ta voix,   Celui qui peut toucher la magie de ton rire, Mais moi, ce rire, je le sais, Il fait fondre mon cœur en moi. Ah ! moi, sais-tu, si je te vois, Fût-ce une seconde aussi brève, Tout à a coup alors sur mes lèvres Expire sans force ma joie.   Ma langue est là comme brisée, Et soudain, au cœur de ma chair, Un feu irrésistible a glissé. ... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 11:24 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
09 mai 2017

Marie-Noël (1883 – 1967) : « Les chansons que je fais… »

  Les chansons que je fais, qu’est-ce qui les a faites ?...   Souvent il m’en arrive une au plus noir de moi… Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi C’est cette folle au lieu de cent que je souhaite.   Dites-moi… Mes chansons de toutes les couleurs, Où mon esprit qui muse au vent les a-t-il prises ? Le chant leur vient – d’où donc ? – comme le rose aux fleurs Comme le vert à l’herbe e t le rouge aux cerises.   Je ne sais pas de quels oiseaux, en quel pays De buissons creux et pleins de songe... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 15:52 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :
08 mai 2017

Ma Kiang Lan (XVIème siècle) : l’orchidée que j’ai peinte

  L’orchidée que j’ai peinte     (1)  D'où vient ce vent tout chargé de parfum ? Pour l'accueillir, devant mon rideau, je brave le       froid du printemps. Je suis trop pauvre pour m'acheter des orchidées, Aussi j'en peins une sur une feuille de papier.    (2) D'une vraie fleur solitaire sur sa tige Nul n'a pitié. Mais celle que j'ai peinte, Ne craint ni le vent froid ni la pluie oblique.    Traduit du chinois par Patricia Guillermaz In,... [Lire la suite]
Posté par bernard22 à 10:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :