06 février 2022

Emily Jane Brontë (1818 - 1848) : Brouillard léger sur la colline / Mild the mist upon the hill

Auteur anglais d'après un dessin de sa soeur Charlotte   Brouillard léger sur la colline   Brouillard léger sur la colline Et qui ne parle pas d’orages pour demain : Le jour a pleuré tout son saoul, Épuisé sa réserve de muet chagrin.   Oh! je suis revenue aux jours de ma jeunesse, Me voici enfant à nouveau, Et de sous le toit paternel où je m’abrite, De la porte du vieux château,   Je regarde le soir lourd de nuées descendre Après une journée de pluie : Des brumes bleues d’été, de tendres brumes... [Lire la suite]
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03 février 2022

Louise Labé (1526- 1666) : « Depuis qu’Amour cruel... »

  Depuis qu’Amour cruel empoisonna Premièrement de son feu ma poitrine Toujours brûlai de sa fureur divine, Qui un seul jour mon coeur n’abandonna.   Quelque travail, dont assez me donna, Quelque menace et prochaine ruine, Quelque penser de mort qui tout termine, De rien mon coeur ardent ne s’étonna.   Tant plus qu’Amour nous vient fort assaillir, Plus il nous fait nos forces recueillir, Et toujours frais en ses combats fait être ;   Mais ce n’est pas qu’en rien nous favorise, Cil qui des Dieux et... [Lire la suite]
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29 janvier 2022

Claude Pujade-Renaud (1932 -) : « Juste devant moi... »

    Juste devant moi impérieux l’oiseau strie l’espace   Capte mon regard l’emporte au loin vers l’autre rive   Ne me le rends pas   Instants, incertitudes Le Cherche-midi éditeur, 2003
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24 janvier 2022

Pavie Zygas (1949 -) : Parler tout seule

  Parler toute seule   EPITOME   Ce que tu éveilles de saisons mortes, moineau qui picore de ci de là n’a rien à faire de lui-même parfois je le regrette   rire tout seul pensées fluctuantes il nous faudra mourir   vivre on peut nommer cela un arc cruel formes ténues passant sans cesse d’un désir à l’autre sans motif sans fruit       Brûlera-t-elle encore l’arrogante lune d’été ?   lune d’hiver brasier pâle kaki rouge sur la neige   me poursuit... [Lire la suite]
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21 janvier 2022

Princesse Si-kiun (2ème siècle avant J.C.) : Chanson d’un triste automne

Portrait de Princesse Chinoise par Nguyen van Minh, 1994   Chanson d’un triste automne   Ma famille m'a mariée     A l'autre bout du monde A l'étranger m'a confiée,     Au lointain roi barbare.   La tente ronde est mon palais,     Les murs y sont de feutre. La viande crue est mon seul mets,     Ma boisson le koumys.   Sans fin je rêve à ma patrie,     Mon coeur en est meurtri. Que ne suis-je le cygne jaune ... [Lire la suite]
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16 janvier 2022

André Chedid (1920 – 2011) : A quatre temps

  A quatre temps   Matin Deviens matin Sois aube phénix Sème clair Dans les silos de l’ombre   Midi Au faîte du jour Hisse nos rêves A ton mât   Soir Dissipe le gribouillis des heures Apaise le jour Que ton ventre subtil Se teinte de crépuscules   Nuit Déverse tes encres Tes baumes Et tes lueurs Sur l’âme Indéchiffrable.   Territoires du souffle Editions Flammarion, 1999 Voir aussi : Le cœur naviguant (26/01/2017)   L’escapade des saisons (06/03/2017) Je t’aime,... [Lire la suite]
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12 janvier 2022

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : « Je vois au creux des paumes... »

  X   Je vois au creux des paumes d’étranges cités et des mannequins de cire au      visage d’étang Rien ne te rendra la douleur dérobée d’un iris au bord d’une paupière Tes jambes de suie porteront des cathédrales Des pivoines voraces te dévorent la gorge, elles boivent le ruisselet de tes cris dont pas un n’échappera Tu mourras d’angoisse végétale. Voilà ce que je vois.   Alphabets de Soleils Editions Seghers, 1952 Voir aussi : « Des soleils noirs… » (19/04/2017) ... [Lire la suite]
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07 janvier 2022

Louise Glück (1943 -) : Parabole / Parable

  Parabole   D’abord nous dépouillant des biens de ce monde, comme Saint François      l’enseigne, afin que nos âmes ne soient pas distraites par le gain et la perte, et afin aussi que nos corps soient libres de se mouvoir aisément dans les cols de montagne, il nous fallut alors décider où et vers où nous pourrions voyager, la deuxième question étant si nous devions avoir un but, ce contre quoi beaucoup d’entre nous plaidèrent fermement qu’un tel but équivalait aux biens de ce monde, c’est-... [Lire la suite]
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04 janvier 2022

Alicia Suskin Ostriker (1937 -) : Au restaurant Révélation

  Au restaurant Révélation   Ecclésiaste est en face de moi Et chaque fois que je me mets à me plaindre Il éclate de rire   Parfois tellement de bon cœur et à brûle-pourpoint Qu’il en renverse sa soupe–– Bouddah (le garçon) me comprend   Lorsque je lis les beaux caractères De son spécial ouverture spirituelle Rejette la naissance sors de la roue   Mais Mama Gaia sort enjuponnée de sa cuisine Et lance : Devons-nous mépriser notre corps Tout simplement parce que philosophes et... [Lire la suite]
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29 décembre 2021

Reizl Zychlinski / Rajzla Żychlińska (1910 – 2001) : Avril

  Avril   Avril La jeune verdure Ne sait pas encore Ce qu’elle désire Comment fleurir Rouge Blanche S’envoler peut-être ? Elle s’éprend, la nuit, De chaque étoile Et le matin La trouve roide, Gelée. Avril.   Traduit du yiddish par Charles Dobzynski In, « Anthologie de la poésie yiddish. Le miroir d’un peuple » Editions Gallimard (Poésie), 2000
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