Femmes en Poésie

19 juillet 2021

Florence Pazzottu (1962 -) : « de la nuit le noir aiguillon... »

FlorencePazzottu[1]

 

 

de la nuit le noir aiguillon

langues amers méandres

mûrit la voix

lève la terre

par la mort

enchantée

 

inachevée en son murmure

mûrit la voix lève la terre

larves et graines promises éprises

haut deuil

chant d’os de roche frisson de chair

haut deuil

 

rien n’est silence

 

en son cercle indolent

douleur d’éternité

chavire

presque accompli

chavire

 

son sang brouillé

 

Le Nouvel Ecriterres, N° 3, Automne 1990

29720 Plonéour-Lanvern,1991

Voir aussi :

« éteint l’amer rivage... » (19/07/2020)

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12 juillet 2021

Wisława Szymborska (1923 – 2012) : Prêt-à-vivre / Życie na poczekaniu.

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Prêt-à-vivre

 

Voilà du prêt-à-vivre.

Pièce sans répétition.

Corps sans essayage.

Tête sans réflexion.

 

J’ignore le rôle qu’on me fait jouer.

Je sais seulement qu’il ne peut être qu’à moi.

 

L’intrigue, je suis bien obligée

de la démêler une fois sur scène.

 

Préparée à la diable pour cet honneur de vivre,

j’ai du mal à soutenir le tempo de l’action.

J’improvise, bien que l’improvisation m’écoeure.

Je bute à chaque instant sur l’ignorance des choses.

Mes manières fleurent sans doute la province.

Mes instincts n’ont sûrement rien de professionnel.

Le tract est une excuse, et une humiliation.

Je trouve cruelle ces circonstances atténuantes.

 

Mots et réflexes impossibles à retirer,

étoiles mal comptées,

caractère comme un manteau boutonné en courant,

voilà les conséquences pénibles de la hâte.

 

Ah, si j’avais pu seulement répéter un mardi,

ou revoir les détails d’un jeudi, juste un seul.

Mais voilà déjà vendredi, dont j’ignore le scénario.

« Est-ce admissible ? » Je croasse (on ne m’a pas laissé

le temps de m’éclaircir la gorge en coulisse).

 

Trêve d’illusions, ce n’est pas une audition sommaire

dans un environnement provisoire. Certes, non.

Traversant le décor, je vois qu’il est solide.

Je m’étonne de la précision des accessoires.

La scène tournante semble rodée depuis longtemps.

On a branché jusqu’au plus lointaines nébuleuses.

Je n’ai plus aucun doute, c’est la première.

Et quoi que je fasse maintenant,

deviendra pour toujours ce que j’ai fait.

 

Traduit du polonais par Piotr Kaminsky

In, « Wistawa Szymborska : De la mort sans exagérer /

O smierci bez  presady »

Wydawnictwo literackie, Krakow ,(Poland), 1997

 

 

Życie na poczekaniu.

 

 Życie na poczekaniu.

Przedstawienie bez próby.

Ciało bez przymiarki.

Głowa bez namysłu.

 

 

Nie znam roli, którą gram.

Wiem tylko, że jest moja, niewymienna.

 

 

O czym jest sztuka,

zgadywać muszę wprost na scenie.

 

 

Kiepsko przygotowana do zaszczytu życia,

narzucone mi tempo akcji znoszę z trudem.

Improwizuję, choć brzydzę się improwizacją.

Potykam się co krok o nieznajomość rzeczy.

Mój sposób bycia zatrąca zaściankiem.

Moje instynkty to amatorszczyzna.

Trema, tłumacząc mnie, tym bardziej upokarza.

Okoliczności łagodzące odczuwam jako okrutne.

 

 

Nie do cofnięcia słowa i odruchy,

nie doliczone gwiazdy,

charakter jak płaszcz w biegu dopinany -

oto żałosne skutki tej nagłości.

 

 

Gdyby choć jedną środę przećwiczyć zawczasu,

albo choć jeden czwartek raz jeszcze powtórzyć!

A tu już piątek nadchodzi z nie znanym mi scenariuszem.

Czy to w porządku - pytam

(z chrypką w głosie,

bo nawet mi nie dano odchrząknąć za kulisami).

 

Złudna jest myśl, że to tylko pobieżny egzamin

składany w prowizorycznym pomieszczeniu. Nie.

Stoję wśród dekoracji i widzę, jak są solidne.

Uderza mnie precyzja wszelkich rekwizytów.

Aparatura obrotowa działa od długiej już chwili.

Pozapalane zostały najdalsze nawet mgławice.

Och, nie mam wątpliwości, że to premiera.

I cokolwiek uczynię,

zamieni się na zawsze w to, co uczyniłam.

 

 

Wielka liczba

SW " Czytelnik”, Warszawa (Poland), 1976

Voir aussi :

Une voix dans la discussion sur la pornographie / Głos w sprawie pornografii (21/01/2017)

Haine / Nienawiść (26/02/2017)

Monologue pour Cassandre / Monolog dla Kasandry (04/04/2017)

Psaume / Psalm (14/07/2017)

Impressions théâtrales / Wrażenia z teatru (12/07/2018)

Ca va sans titre / Może być bez tytułu (12/07/2019)

La femme de Loth /Żona Lota (12/07/2020)

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27 juin 2021

Sapphô / Σαπφώ (Vers 1630 – Vers 1580 av. J.C.) : Je serai toujours vierge

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Je serai toujours vierge

 

Je demeurerai vierge comme la neige

Sereine, qui dort là-bas d’un blanc sommeil,

Qui dort pâlement, et que l’hiver protège

Du brutal soleil.

 

Et j’ignorerai la souillure et l’empreinte

Comme l’eau du fleuve et l’haleine du nord.

Je fuirai l’horreur sanglante de l’étreinte,

Du baiser qui mord. 

 

Je demeurai vierge comme la lune

Qui se réfléchit dans le miroir du flot,

Et que le désir de la mer importune

De son long sanglot.

 

Traduit du grec par René Vivien

In, Renée Vivien : « Sapho. Traduction nouvelle avec le texte grec »

Alphonse Lemerre éditeur, 1903

Voir aussi :

 « Je t’ai possédée, ô fille de Kuprôs ! » (22/02/2017)

Aphrodite / εἰς Ἀφροδίτην (30/03/2017)

A une aimée (10/05/2017)

Nocturnes (14/05/201919)

 « Et je ne reverrai jamais... » (13/05/20)

« ... Rien n’est plus beau... » (13/05/21)

 

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25 juin 2021

Angèle Vannier (1917 – 1980) : Pierre levée

 

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Pierre levée

 

Pierre je compatis à ta vie lente et dure.

Même le saule en pleurs ne me déchire pas

Comme le verbe d’or caché sous ton armure.

 

J’entrerai dans ta nuit dans la nuit de Noël

Et quand tu te mettras à tourner sur toi-même

Tu sauras qu’une seule enfant des hommes t’aime

Et se souvient d’avoir été semblable à toi.

 

Bruyères de mon sang pardonnez-moi l’adieu

Que je vous ai donné sans détourner la tête

Je suis de ce granit qui pense et qui ne peut

Traduire pour Jésus sa prière muette.

 

Règne du minéral ouvre-moi ton église

Et travaillons ensemble à refuser l’hiver.

Pierre levée nous prévaudrons contre l’enfer

Le diable et ses petits ricanent dans la brise

Et qu’ils fassent leurs dents leurs ongles sur nos chairs

Qui durent lentement debout face à la mer.

 

A hauteur d'ange

La maison du poète, Dilbeek (Belgique),1955

Voir aussi :

L’aveugle à son miroir (29/06/2017)

J’adhère (25/06/2018)

« Je suis née de la mer » (25/06/2019)

Vent printemps (25/06/20)

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22 juin 2021

Erika Vouk (1941 -) : « La nuit va tomber... / « Ze skorajnoč... »

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La nuit va tomber, mais les goélands

gagnent les hauteurs de l’air,

d’un blanc éclatant tout à l’heure,

à présent, dans l’or mourant du crépuscule

pareils aux mornes oiseaux gris de la légende

sur le bateau mort du vieux timonier. –

Le flux réveille la puanteur des algues mortes.

Lune décroissante au nez effilé.

 

Traduit du slovène par Barbara Poganik et Alain Lance,

In, « Les Poètes de la Méditerranée. Anthologie »,

Editions Gallimard, Culturesfrance, 2010

 

 

Ze skorajnoč, a v vikosem letu

galebi v zraku,

prej bleščeče beli,

zdaj v prvem pozlačenem mraku

v ugašajoči luči potemneli,

kot sive senčne ptice iz legende

o mrtvi barki starega krmarja. –

Od morske trave plima zaudarja.

Zašiljen krajec lune decrescende.

Voir aussi :

« Le long du lit tari... » / « Po presahli beli strugi... » (21/05/2020)

 

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16 juin 2021

Rita Mestokosho (1966 -) : « J’ai rêvé du Paradis... »

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J’ai rêvé du Paradis

 

Dans le monde du Paradis

C’est l’hiver tout est blanc

Les saisons vivent ensemble

Et les Êtres de lumière

Sont habillés de couleurs.

 

Je suis arrivée là-bas

En plein rassemblement

La voix invisible m’a parlé

J’ai demandé où j’étais

« Tu es au Paradis » m’a-t-il dit.

 

Je me suis étendu sur la neige

Le froid n’existe pas

Le Temps n’existe pas

J’ai senti seulement un bien-être

Que je ne peux pas expliquer.

 

Le Paradis vit sur la montagne

Qui touche les nuages

J’ai vu l’arbre sacré

J’ai vu les saisons qui parlent ensemble

L’arbre sacré est tellement haut.

 

Le bois dont est fait l’arbre sacré

Est sculpté comme le bois de plage

Qui a passé du temps avec la mer

J’ai monté tout en haut

Invité par le Grand Père ours.

 

Il y avait deux petits ours tout là-haut

Ils regardent notre vie à tous

Ils parlent ensemble et veillent sur nous

Ils parlent notre langue

Ils m’on dit qu’ils viendraient nous voir.

 

La voix invisible m’a suivie pendant mon séjour

Le temps d’un rêve le temps d’un soupir

Je lui ai dit : je suis bien ici

Je veux rester là couchée sur la neige du Paradis

Il m’a dit : retourne chez toi.

 

Le monde des Esprits travaille fort

Ils sont ensemble et parlent

Leurs visages sont dorés un peu cuivrés

Je ne pouvais pas les approcher

Et je n’avais pas à les approcher.

 

J’ai vu les petits êtres aussi

Gardés dans un sac en cuir

Il y avait une petite île

Où vivent mes ancêtres

C’est à eux que sont confiés les petits êtres.

 

Lorsque la voix invisible m’a parlé

Sa parole était claire

J’ai un chemin sur terre

Je suis reconnaissant pour la vie

J’ai un rêve dans mes mains.

 

Ce voyage au bout du Paradis

Est le début de mon voyage sur Terre

Mon mistapéo brille à tous les jours

Je l’entends vibrer avec vous

Tshishe Manitu tshinashkumitin...

 

Il fait un temps de poème. Volume 2

Textes rassemblés et présentés par Yvon Le Men

Filigranes Editions, 22140 Trézélan, 2013

De la même autrice :

Un peuple sans terre (26/04/2017)

Aide-nous, grand-père / Uitshinan Nimushum (11/03/2018)

Mistapéo, l’âme de la Tierra (08/03/2019)

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08 juin 2021

Françoise Morvan (1958 -) : Retour/Allège

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Retour

 

Le cri du grèbe et le roseau creusé

Sur la grève ouverte ou le gravier d’eau

Comme au travers d’un cristal de sulfure

Rendent l’hiver plus tendre et plus fragile

 

Lorsqu’on entre à l’aube dans la maison vide

Le long souvenir des amis perdus

Forme un écran de soie tendu sur le jour

Où vont sans êtres vues les formes des fantômes.

 

Allège

 

Cristaux de neige en train de se défaire au soleil

Odeur bleuâtre du grésil

Une abeille endormie de froid

Le lin glacé dans l’armoire

 

Un enfant roux seul sur la route

Ses talons tintant sur la pierre

Le fer étoilé fracassant les flaques

Comme on écrase un squelette d’oiseau.

 

Cristal de glace au cœur

S’il glisse vers le ciel

Où le traineau de la reine des neiges

Ouvre ses transparences silencieuses

 

Le jour entier s’ouvre sur l’infini

Mais le livre posé sur l’allège se ferme

Et le voilage ombrant les fougères de givre

Ne laisse à discerner qu’un fin croissant de lune.

 

 

Vigile de Décembre

Editions Mesure, 2019

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13 mai 2021

Sapphô / Σαπφώ (Vers 1630 – Vers 1580 av. J.C.) « ... Rien n’est plus beau... »

2017_10377238_0[1]Alphonse Osbert (1857 - 1939) : Sapho ou La poésie lyrique. Huile sur panneau

 

... Rien n’est plus beau, dit l’un, qu’une imposante armée ;

L’autre : rien n’est plus beau qu’une escadre en plein vent.

Rien n’est plus beau pour moi que le coeur de l’aimée

Chacune fait son choix et risque en le suivant

Des enfants des parents, un nom, des biens quittés ;

Hélène pour Pâris fit brûler des cités.

Le doux bruit de tes pas, ton beau visage tendre,

J’aimerai mieux le voir, j’aimerai mieux l’entendre

Que le char du Grand Roi et sa garde d’honneur.

Hélas ! Nul être humain n’a longtemps son bonheur,

Mais cet étroit lien que l’Amour a lié,

Mieux vaut le regretter que l’avoir oublié...

 

 

Traduit du grec par Marguerite Yourcenar,

In, « La couronne et la lyre,

Anthologie de la poésie grecque ancienne »

Editions Gallimard, 1979

Voir aussi :

 « Je t’ai possédée, ô fille de Kuprôs ! » (22/02/2017)

Aphrodite / εἰς Ἀφροδίτην (30/03/2017)

A une aimée (10/05/2017)

Nocturnes (14/05/201919)

 « Et je ne reverrai jamais... » (13/05/20)

Je serai toujours vierge (27/06/21)

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05 mai 2021

Marie Noël (1883 – 1967) : « Quand il est entré dans mon logis clos... »

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Chanson


 
Quand il est entré dans mon logis clos,

J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre,

L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos...

Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?

 


Et je cousais, je cousais, je cousais...

— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?

 


Il m’a demandé des outils à nous.

Mes pieds ont couru, si vifs dans la salle,

Qu’ils semblaient, — si gais, si légers, si doux, —

Deux petits oiseaux caressant la dalle.

 


De-ci, de-là, j’allais, j’allais, j’allais...

— Mon cœur, qu’est-ce que tu voulais ?

 

  Il m’a demandé du beurre, du pain,

— Ma main en l’ouvrant caressait la huche —

Du cidre nouveau, j’allais, et ma main

Caressait les bols, la table, la cruche.

 


Deux fois, dix fois, vingt fois je les touchais...

— Mon cœur, qu’est-ce que tu cherchais ?

 


Il m’a fait sur tout trente-six pourquoi

Jai parlé de tout, des poules, des chèvres,

Du froid et du chaud, des gens, et ma voix

En sortant de moi caressait mes lèvres...

 


Et je causais, je causais, je causais...

 — Mon cœur, qu’est-ce que tu disais ?

 


Quand il est parti, pour finir l’ourlet

Que j’avais laissé, je me suis assise...

L’aiguille chantait, l’aiguille volait,

 Mes doigts caressaient notre toile bise...

 

  Et je cousais, je cousais, je cousais...

— Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?

 

 Les Chansons et les Heures

Sansot éditeur, 1920

Voir aussi :

 Crépuscule (23/02/2017)

Retraite (28/03/2017)

« Les chansons que je fais… » (09/05/2017)

Attente (06/05/2018)

Connais-moi... (04/05/2019)

Vision (04/052020)

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01 mai 2021

Marcela Delpastre (1925 – 1998) : « Comme l’eau va un jour... » / « Coma l’aiga que vai, un jorn... »

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Comme l’eau va un jour. Un jour que je m’attardais sous les trembles, un

jour que le grand vent arrachait du ciel les nuées et les pauvres feuilles de

l’arbre,

     comme l’eau va et ne sait où elle va, une fois tu m’as regardée ; comme

un rayon de soleil qui traverse un nuage et qui tombe sur l’eau, et qui vole

plus loin,

     ainsi tu m’as regardée ; une fois peut-être... le temps que passe l’eau, et le

temps qui s’en va, le temps que le vent passe. Et ne me demande pas où l’eau

s’en va, ni pourquoi le temps passe.

(La vigne dans le jardin)

 

Traduit de l’occitan par Marcelle Delpastre. 

 

     Coma l’aiga que vai, un jorn. Un jorn que m’aplantei jos los tremols, un

jorn que lo grand vent desraijava dau ciau las nivols e las paubras fuelhas de

l’aubre,

     coma l’aiga que vai mai sap pas onte vai, un còp m’aviseras ; coma un rai

de solelh que traucha la nivol e que tomba sus l’aiga, e que vòla pus luenh, 

     aitau m’aviseras ; un còp beleu... lo temps que passe l’aiga ; e lo temps que

s’en vai, lo temps que lo vent passa. E ne demandes pas onte l’aiga s’en vai, ni

perque lo vent passa.

 

La vinha dins l’òrt,

Poème limousin avec traduction française

Escòle Jaufre Rudel , Bordeaux, 1967

Voir aussi :

« Entre toutes choses... » / « Entre tot... » (01/05/2020)

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