CVT_Les-yeux-a-maree-haute_7692[1]

 

elle traversait pieds nus les nervures du silence

la fille dans l’ombre du mur

avec sa robe de paille

que les amants venaient déchirer

elle portait dans sa corbeille

les fruits de ses arbustes en péril

elle serrait contre sa gorge

un enfant pâle couvert de fièvre

la fille dans l’ombre du mur

couchée sous la pierre

le soir

elle laissait aux grands oiseaux

la moitié de ses ailes

 

Les yeux à marée haute

Editions Saint-Germain- des-Prés, 1977

Voir aussi :

« je n’ai jamais cessé d’être... » (13/09/2019)

« je n’écris que des choses graves... » (13/09/2020)