AVT_Imasango_2060[1](Photo : Guy Bernot)

 

Je ne sais rien du métissage

rien de plus que ce qu’il donne

pour le partage

 

Je suis un silence habité

je suis pierre décousue en son centre

pour la naissance du rhizome

de nos bras à nos ventres

recevant l’appel du large sur la terre ferme

hanches d’azur et proue de femme-île

où retrouver repos refuge et feu

terre ronde

 

je tisse la mémoire de ma peau

aux visages qu’ensemence l’histoire

s’arrête ça

sang-mêlé

pierre sacrée

pierre d’aveux

pierre tubercule

pierre cœur donnant

pour que poussent les champs du monde

et naissent d’autres enfants

que tombe la pluie...

pierre d’espérance

quelques mots un signe et notre venue

posant des cils sur les dos trop voûtés

 

Soins lucides et gestes posés

pieds et mains du quotidien

araucarias algues et manguiers

peaux passerelle de ventres en fleurs

pour que balaie l’orage les couleurs

peaux sombres peaux claires

jusqu’au détour

chargeant le lieu de rives étrangères

clair-obscur de mon âme aimant la tienne

 

Je ne sais rien du métissage

rien de plus que ce qu’il donne

à mon sang......

(Quand chante le corail)

 

In, « Chants du métissage »

Editions Bruno Doucey, 2009