rita-mestokosho[1]Rita Mestokosho s'occupe du centre de la culture innue de la communauté.PHOTO : Radio-Canada / Delphine Jung

 

J’ai vu la montagne dans sa splendeur

J’ai entendu la rivière dans son désir

Quel plaisir et quel bonheur

D’être dans les bras de la Terre.

 

Et lui ce grand mystère

Que je découvre dans son absence

Chercher la vérité au creux de ses mains

Je respire l’air qu’il habite.

 

Voir son regard s’évanouir dans le mien

Pendant qu’il ferme les yeux sur mon corps

Pour mieux goûter à l’instant

J’entends son cœur battre.

 

J’aime son silence

J’aime sa voix

J’aime son reflet

J’aime l’invisible que je ne peux toucher

Mais que je sens avec force en moi.

 

Les arbres sont témoins de mon amour

Les rochers entendent encore aujourd’hui

L’écho de ma grande tendresse

Sur le ciel qui nous enveloppe.

 

Mon cœur est fait de branches de sapin

Entremêlées à toutes les saisons du monde

Je dors pour mieux tapisser tes rêves

Et celui du chasseur en quête d’une terre

Où il pourra alimenter son envie d’être libre

De marcher en admirant les courbes des rivières

De nourrir sa faim et d’assouvir sa soif.

 

Je crois aussi en la force du destin

Je crois aussi en la confiance de demain

La patience d’attendre en admirant l’eau des chutes

En priant pour mon prochain.

 

Je deviens l’hiver pour me reposer

Je deviens le printemps pour rêver

Je deviens l’été pour briller.

 

Et je suis une femme d’automne

Née dans un univers qui est aussi le tien.

 

(Parfum de la terre)

 

Née de la pluie et de la terre

Editions Bruno Doucey, 2014

Voir aussi :

Un peuple sans terre (26/04/2017)

Aide-nous, grand-père / Uitshinan Nimushum (11/03/2018)

Mistapéo, l’âme de la Tierra (08/03/2019)

« J’ai rêvé du Paradis... » (16/06/2021)

Il s’appellera la mer (18/06/2022)