22 février 2017

Sapphô / Σαπφώ (vers 630 – vers 580 av.J.C.) : « Je t’ai possédée, ô fille de Kuprôs ! »

  Je t’ai possédée, ô fille de Kuprôs ! Pâle, je servis ta volupté cruelle… Je pris, aux lueurs du flambeau d’Hespérôs, Ton corps d’immortelle.   Et ma chair connut le soleil de ta chair… J’étreignis la flamme et l’ombre et la rosée, Ton gémissement mourait comme la mer Lascive et brisée.   Mortelle, je bus dans la coupe des Dieux, J’écartai l’azur ondoyant de tes voiles… Ma caresse fit agoniser tes yeux Sur ton lit d’étoiles…   Depuis, c’et en vain que la nuit de Lesbos M’appelle, et que... [Lire la suite]
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21 février 2017

Christiane Baroche (1935 - ) : Soleil

  Soleil Hommage à Jean Cocteau   Mes yeux sont morts. Mon bonheur de lumière s’est enfoncé dans l’eau, L’interrogation de la nuit me tire A l’envers des surfaces, Je n’ai plus de la vie que sa racine obscure Et plus ne m’illumine que ton innocence Dans la tanière du jour. Enfant médiatrice, chante-moi le soleil Dans mon âme assourdie comme un bois sans clairière, Redis-moi son désordre et sa crépitation, Je ne reconnais plus que sa guenille chaude, Mes yeux sont morts de transparences.   Chante-moi... [Lire la suite]
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20 février 2017

Gisèle Prassinos ( 1920 - 2015) : « On a bu ses bouquets… »

  On a bu ses bouquets…   On a bu ses bouquets et mangé ses cailloux de la saison vieillie il ne reste que l’ombre. Des feuilles de bonne volonté pour les pauvres des secours d’auteurs et parfois bleues, ces heures couchées sur l’orgueil de la mer.   Ce soir demain on parlera plus près des portes le jour et l’écho seront tôt fatigués. Réunis, l’ouvrage et la lampe la laine et le dos vont conspirer dans une brève stupeur entre la mémoire et l’espérance.   Pour l’arrière- saison,  Editions... [Lire la suite]
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19 février 2017

Andréa Montiel (1950 -) : Du néant je suis prisonnière

  Du néant je suis prisonnière     Du néant je suis prisonnière.   Je cherche les mots pour noter toutes choses Et quelques gestes obscurs pour illuminer le sentier.   Les sous-entendus sans loi comparaissent Et on marche à tâtons vers un lendemain sans nom.   On n’a pas de nom. Tout au plus un domicile solitaire dans un quartier de rencontres fortuites.   Pendant ce temps les jours se décantent dans l’écoulement irrépressible et muet de la vie qui poursuit sa route vers la mort. ... [Lire la suite]
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18 février 2017

Joyce Mansour (1928 – 1986) : « Le téléphone sonne… »

  Le téléphone sonne Et ton sexe répond. Sa voix rauque de chanteur Fait frémir mes ennuis Et l’œuf dur qu’est mon cœur Frit.   Déchirures, Edition de Minuit, 1955 Voir aussi : Bleu comme le désert (15/01/2017) Chant arabe (22/03/2017) « Vous ne connaissez pas… » (29/04/2017)      
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12 février 2017

Louise Labé (1524 – 1566) : « Je vis, je meurs… »

  Je vis, je meurs : je me brûle et me noie. J'ai chaud extrême en endurant froidure ; La vie m'est et trop molle et trop dure. J'ai grands ennuis entremêlés de joie ; Tout à un coup je ris et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment j'endure ; Mon bien s'en va, et à jamais il dure ; Tout en un coup je sèche et je verdoie.   Ainsi Amour inconstamment me mène ; Et, quand je pense avoir plus de douleur, Sans y penser je me trouve hors de peine.   Puis, quand je crois... [Lire la suite]
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11 février 2017

Heather Dohollau (1925 – 2013) : « Si pour vivre … »

  Si pour vivre il suffit de toucher la terre Comme le vent aux doigts légers joue dans le blé toujours mur L’amour serait le chant de l’oiseau dans l’arbre Le nuage qui passe dont même l’ombre reste claire Mais le blé ne germe qu’au soleil noir de la mort Et l’autre demeure notre linceul sous le ciel   Le Point de rosée, Editions Folle Avoine, 1999 Voir aussi : « Matière de lumière les murs… » (14(01/2017) De mon lit (21/03/2017) L’après-midi à Bréhat (28/04/2017)  
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10 février 2017

Jennifer Clemen( 1960 -) : Tiens ma robe

  Tiens ma robe   J’accrocherai mes vêtements près de tes complets – les manches encore moulées se toucheront comme des bras.   Lorsque nous serons tous deux assis à lire, ma page tournera en réponse à la tienne   Mon souffle embuera ton miroir, nous laverons nos mains avec le même savon.   Et tu tiendras ma robe afin que je puisse y pénétrer.     Traduit de l’anglais par Marie Evangéline Arsenault In, «l’Inconnu et le marin de Newton »,  Editions Ecrits des Forges... [Lire la suite]
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09 février 2017

Marina Tsvétaïeva / Марина Ивановна Цветаева (1892 - 1941): « Il me plaît que vous ne soyez pas fou de moi… » / Мне нравится, чт

  Il me plaît que vous ne soyez pas fou de moi,  Il me plaît de ne pas être folle de vous, Et que jamais le lourd globe terrestre Ne fuie au-dessous de nos pieds. Il me plaît de pouvoir être ridicule – Troublée – et de ne pas jouer sur les mots, Et de ne pas souffrir d’une faiblesse étouffante Lorsque nos deux manches se frôlent.   Il me plaît aussi que devant moi Tranquillement vous enlaciez une autre, Et que vous ne souhaitiez pas les feux De l’enfer parce que moi j’en embrasse un autre. Que vous ne... [Lire la suite]
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08 février 2017

Marceline Desbordes – Valmore (1786 - 1859) : Les Roses de Saadi

  Les roses de Saadi   J'ai voulu ce matin, te rapporter des roses ; Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir. Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.  Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir. La vague en a paru rouge et comme enflammée.  Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée : Respires-en sur moi l'odorant souvenir.    Poèmes inédits,  Jules Fick, Genève,... [Lire la suite]
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