18 mars 2017

Nazik al –Malaïka (1922 – 2007) / نازك الملائكة : Déshonneur

  Déshonneur   « O mère ! » fut le cri de sa nuit, De son râle implorant, Tandis que de son corps tremblant  Sous le poignard s’ouvrait le sang, A sa chevelure la boue s’était prise.     « O mère ! » nul que le bourreau ne l’entendit.  A l’aube de demain, aux roses refleuries, A l’appel des vingt ans, à l’appel de l’espoir, Répondra le pré, répondra les fleurs « C’est pour laver le déshonneur ».   Et le bourreau sans cœur, Aux gens rencontrés, ... [Lire la suite]
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17 mars 2017

Françoise Hàn (1928 ) : « Entaillés… »

      1 Entaillés dans l’écorce terrestre   avec autour d’eux du temps assez pour échanger la mémoire et l’oubli   avec le labyrinthe épuisant où ils se sont laissés prendre   et leur chance que l’outil ébréché ait effrité la roche   quelque échancrure où s’agripper   2 Difficile à dire l’anfractuosité où ils essaient de remuer   le dialogue s’y heurte à des angles sourds dérision de la caverne   l’écho ne revient pas fait tache de moisi sur la paroi ... [Lire la suite]
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16 mars 2017

Christine de Pisan (1364 - 1430) : La fille qui n'a point d'ami

    La fille qui n'a point d'ami   À qui dira-t-elle sa peine, La fille qui n'a point d'ami ? La fille qui n'a point d'ami, Comment vit-elle ? Elle ne dort jour ni demi Mais toujours veille. Ce fait amour qui la réveille Et qui la garde de dormir. À qui dira-t-elle sa pensée, La fille qui n'a point d'ami ? Il y a bien qui en ont deux, Deux, trois ou quatre, Mais je n'en ai pas un tout seul, Pour moi ébattre. Hélas ! mon joli temps se passe, Mon téton commence à mollir. À qui dira-t-elle sa pensée, ... [Lire la suite]
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15 mars 2017

Renée Vivien (1877- 1909) : Nocturne

  Nocturne    J’adore la langueur de ta lèvre charnelle Où persiste le pli des baisers d’autrefois.                          Ta démarche ensorcelle, Et la perversité calme de ta prunelle A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids.   Tes cheveux, répandus ainsi qu’une fumée, Clairement vaporeux, presque immatériels, ... [Lire la suite]
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10 mars 2017

Claire Genoux (1971 - ) : « Gardons ce corps… »

  Gardons ce corps solide ce sang frais qui fuit dans les artères gardons ces courbes claires et cette peau vivante où les hommes ont posé leur visage disons adieu aux caresses et aux lèvres anciennes qui usaient notre ventre dormons avant que le soleil ne vieillisse notre chair blonde et n’entame nos os chargés de moelle que nous restions neuve pour le vrai jour.   Soleil ovale Editions Empreintes, Chavannes-près-Renens (Suisse), 1997 Voir aussi : « Ne rien dire de mon corps … » (03/02/2017)... [Lire la suite]
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09 mars 2017

Sylvia Plath (1932 – 1963) : L’agneau de Marie

  L’agneau de Marie   L’agneau pascal frit dans sa graisse. La graisse Sacrifie son opacité…   La vitre est d’or sacré. Le feu la rend précieuse, Le même feu toujours   Fondant le suif des hérétiques Et débusquant les juifs. Leurs draps de fumée noire ondoient   Sur les stigmates de la Pologne Et l’Allemagne incendiée. Ils ne meurent pas.   Des oiseaux gris hantent mon cœur, Bouche en cendre, œil cendreux, Ils se posent. Sur l’immense   Précipice Qui a vidé un homme dans... [Lire la suite]
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08 mars 2017

Claude Morenas (? – 2009) : Petit jour blanc

  Petit jour blanc   Petit jour blanc              lumière tamisée grise comme un éclairage de pluie              le souffle régulier de François fenêtre ouverte sur le vallon             toutes les voix d’oi- seaux éveillés parlent... [Lire la suite]
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07 mars 2017

Isabella Leardini (1978 - ) : La colocataire aux pieds nus /La coinquilina scalza

  La colocataire aux pieds nus   Et si ce n’était pas le froid du soir qui nous pinçait les lèvres, mais la marche qui reprend, se renouvelle éveille un autre vent et tous ceux en qui j’ai cru ? Tu sais que je porte encore en moi l’envie de m’en aller comme s’achève un film, le soleil en plein visage, dans la musique qui monte, et de laisser à vos cantons de sable à vos allées de calme parfait toute fureur. * Petite fille je claquais les portes… Quand suis-je devenue la personne qui reste assise, qui... [Lire la suite]
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06 mars 2017

Andrée Chedid (1920 – 2011) : L’escapade des saisons

    L’escapade des saisons   Je t’aimais Dans l’orage des sèves Je t’aime Sous l’ombrage des ans   Je t’aimais Aux jardins de l’aube Je t’aime Au déclin des jours   Je t’aimais Dans l’impatience solaire Je t’aime Dans la clémence du soir   Je t’aimais Dans l’éclair du rêve Je t’aime Dans l’estuaire des mots   Je t’aimais Dans les foucades du printemps Je t’aime Dans l’escapade des saisons   Je t’aimais Aux entrailles de la vie Je t’aime Au portail de la mort. ... [Lire la suite]
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05 mars 2017

Nelly Sachs (1891 – 1970) : « Ici où dans le sel… »

  Ici dans le sel   Ici où dans le sel j’ai fait naufrage Ici au bord de la mer dont les nourrissons bleus comblés de lune s’allaitent aux âmes Ici dans le sable qui dansa dans le Zodiaque et de nouveau gît mélangé en un chiffre à ce qui est encore à naître   Le dos tourné tu apparais encerclé par le vide obscur, panier dans l’attente des fruits qui le rempliront et sur les voies métalliques des constellations prendront leur course ou bien seront embarqués dans le vent-coulis de l’amour   ... [Lire la suite]
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