22 mars 2017

Joyce Mansour (1928 – 1986) : Chant arabe

  Chant arabe   L’œil bascule dans la nuit au moment du trépas O la blanche fulgurance folie des ailes qu’on ne connaît pas Ouatées de silence elles frôlent le bras sur l’oreiller Et ouvrent l’œil rond à la nuit de l’impalpable Le froid tisseur de tubéreuse trépigne sur ma pupille           Je vois glisser la tenture mobile de l’horizon qui rutile ... [Lire la suite]
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21 mars 2017

Heather Dohollau (1925 – 2013) : « De mon lit… »

        De mon lit  Tant qu’il fait encore jour Je vois les martinets Des battements d’ailes suivis de longues glissades Nous – enfants sur nos vélos – fîmes de même Qui eurent la terre pour ciel   La terre âgée. Editions Folle avoine, 1996   Voir aussi : « Matière de lumière les murs… » (14/01/2017)   « Si pour vivre il suffit de toucher la terre… » (11//02/2017) L’après-midi à Bréhat (28/04/2017)  
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20 mars 2017

Marceline Desbordes – Valmore (1786 - 1859) : Qu'en avez-vous fait ?

  Qu'en avez-vous fait ?     Vous aviez mon coeur, Moi, j'avais le vôtre : Un coeur pour un coeur ; Bonheur pour bonheur !   Le vôtre est rendu, Je n'en ai plus d'autre, Le vôtre est rendu, Le mien est perdu.   La feuille et la fleur Et le fruit lui-même, La feuille et la fleur, L'encens, la couleur :   Qu'en avez-vous fait, Mon maître suprême ? Qu'en avez-vous fait, De ce doux bienfait ?   Comme un pauvre enfant Quitté par sa mère, Comme un pauvre enfant Que rien ne... [Lire la suite]
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19 mars 2017

Vénus Khoury-Ghata (1937 -) : « Parce que leurs noms étaient trop larges… »

  Parce que leurs noms étaient trop larges pour leurs corps d’étrangers ils se taillèrent des noms de voyage dans le tissu rêche des chemins   Des noms pliables sous la peau pour les villes qui fument leurs hauts fourneaux pour oublier les prairies asphaltées.   Sur les cils de la lune il y a de la poussière disent-ils et ils frappent aux portes des femmes pour retrouver une patrie.   Au Sud du silence, Editions Saint-Germain-des-Prés, 1975  
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18 mars 2017

Nazik al –Malaïka (1922 – 2007) / نازك الملائكة : Déshonneur

  Déshonneur   « O mère ! » fut le cri de sa nuit, De son râle implorant, Tandis que de son corps tremblant  Sous le poignard s’ouvrait le sang, A sa chevelure la boue s’était prise.     « O mère ! » nul que le bourreau ne l’entendit.  A l’aube de demain, aux roses refleuries, A l’appel des vingt ans, à l’appel de l’espoir, Répondra le pré, répondra les fleurs « C’est pour laver le déshonneur ».   Et le bourreau sans cœur, Aux gens rencontrés, ... [Lire la suite]
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17 mars 2017

Françoise Hàn (1928 ) : « Entaillés… »

      1 Entaillés dans l’écorce terrestre   avec autour d’eux du temps assez pour échanger la mémoire et l’oubli   avec le labyrinthe épuisant où ils se sont laissés prendre   et leur chance que l’outil ébréché ait effrité la roche   quelque échancrure où s’agripper   2 Difficile à dire l’anfractuosité où ils essaient de remuer   le dialogue s’y heurte à des angles sourds dérision de la caverne   l’écho ne revient pas fait tache de moisi sur la paroi ... [Lire la suite]
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16 mars 2017

Christine de Pisan (1364 - 1430) : La fille qui n'a point d'ami

    La fille qui n'a point d'ami   À qui dira-t-elle sa peine, La fille qui n'a point d'ami ? La fille qui n'a point d'ami, Comment vit-elle ? Elle ne dort jour ni demi Mais toujours veille. Ce fait amour qui la réveille Et qui la garde de dormir. À qui dira-t-elle sa pensée, La fille qui n'a point d'ami ? Il y a bien qui en ont deux, Deux, trois ou quatre, Mais je n'en ai pas un tout seul, Pour moi ébattre. Hélas ! mon joli temps se passe, Mon téton commence à mollir. À qui dira-t-elle sa pensée, ... [Lire la suite]
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15 mars 2017

Renée Vivien (1877- 1909) : Nocturne

  Nocturne    J’adore la langueur de ta lèvre charnelle Où persiste le pli des baisers d’autrefois.                          Ta démarche ensorcelle, Et la perversité calme de ta prunelle A pris au ciel du nord ses bleus traîtres et froids.   Tes cheveux, répandus ainsi qu’une fumée, Clairement vaporeux, presque immatériels, ... [Lire la suite]
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10 mars 2017

Claire Genoux (1971 - ) : « Gardons ce corps… »

  Gardons ce corps solide ce sang frais qui fuit dans les artères gardons ces courbes claires et cette peau vivante où les hommes ont posé leur visage disons adieu aux caresses et aux lèvres anciennes qui usaient notre ventre dormons avant que le soleil ne vieillisse notre chair blonde et n’entame nos os chargés de moelle que nous restions neuve pour le vrai jour.   Soleil ovale Editions Empreintes, Chavannes-près-Renens (Suisse), 1997 Voir aussi : « Ne rien dire de mon corps … » (03/02/2017)... [Lire la suite]
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09 mars 2017

Sylvia Plath (1932 – 1963) : L’agneau de Marie

  L’agneau de Marie   L’agneau pascal frit dans sa graisse. La graisse Sacrifie son opacité…   La vitre est d’or sacré. Le feu la rend précieuse, Le même feu toujours   Fondant le suif des hérétiques Et débusquant les juifs. Leurs draps de fumée noire ondoient   Sur les stigmates de la Pologne Et l’Allemagne incendiée. Ils ne meurent pas.   Des oiseaux gris hantent mon cœur, Bouche en cendre, œil cendreux, Ils se posent. Sur l’immense   Précipice Qui a vidé un homme dans... [Lire la suite]
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