10 octobre 2020

Hélène Cadou (1922 – 2014) : « Déjà je ne trouve plus ton visage... »

  Déjà je ne trouve plus ton visage Qui dérive sous l’épaisseur des jours Et déjà ta voix m’arrive si basse Que je ne sais plus écouter ton chant Me faudra-t-il oublier ton image Me perdre sans toi dans une autre nuit Pour qu’au fond de l’ombre et de la souffrance Naisse le printemps qui nous est promis.   Tu m’es revenu ce matin Le soleil est sur la maison Si je savais le retenir Dans la corbeille d’un beau jour Peut-être viendrais-tu parfois Faire halte au milieu de ta nuit Et dormir encore avec moi Dans... [Lire la suite]
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08 octobre 2020

Adèle Nègre (1965-) : « Tu ne tonitrueras pas... »

Crédits photographiques : Bruno Guattari, éditeur   Tu ne tonitrueras pas tu ne tu de tes buissons criants d’oiseaux tu ne dépasseras pas tes robes profondes ne soulèveras         Il y a quand même nourries de couleur rouge alerte ces bouches fleurs ouvertes au talus l’œil et le cri utopique figure cependant du sujet un relais         Cet ardent dedans que ravive le rouge coq froissement langue de rien flageolant sur sa jambe grêle à mon approche   ... [Lire la suite]
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06 octobre 2020

Denise Le Dantec (1939 -) : Les fileuses d’étoupes (II)

DR   Les fileuses d’étoupe (II)     Au lever du soleil le pommier ne porte qu’une      seule fleur Puis deux, puis trois, puis cent, puis mille Qui gonflent avec l’écume de la mer   Engourdi du nectar de l’abeille endormie Ton corps Repose sur le sol de poussière, dans les trous      des broussailles Et le mouvement des feuilles         Et me voici fleur unique sur l’unique pommier      de la mer La voile qui... [Lire la suite]
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27 septembre 2020

Liliane Wouters (1930 - 2016) : Frères humains

  Frères humains   « Parce que c’est lui, parce que c’est moi » nous disait Michel à propos d’Etienne. Pourquoi sommes-nous amis, toi et moi ? Pourquoi le gui préfère-t-il le chêne ? Les arbres, nombreux, verdissent au bois. Combien, pour le gui, feraient un asile ? Etienne et Michel, Hector et Achille, Comment expliquer ce qui va de soi ? Pourquoi celui-ci, j’en connais tant d’autres. Pourquoi le seul Jean parmi douze apôtres ? Parce que c’est lui, parce que c’est moi. ... [Lire la suite]
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24 septembre 2020

Kadia Molodowski (1894 - 1975) / קאַדיע מאָלאָדאָװסק : Une prière

   Une prière   Je me réveille à l’aube et ma prière Est un poison amer. J’appelle le déluge une nouvelle fois A projeter plus haut que les tours et les toits Tous les flots de la mer, Que ne puise voguer nulle arche secourable.   O ! comme il sera bon le frôlement glacé De la mort. Peut-être éteindra -t-il la souffrance amassée Dans nos corps, Les décombres du cœur, la honte de mâcher Le pain, au bord Des cendres par monceaux de nos frères et sœurs.   O ! comme il sera bon de... [Lire la suite]
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13 septembre 2020

Geneviève d’Hoop (1945 -) : « je n’écris que des choses graves... »

  je n’écris que des choses graves à épingler sur la peau j’ai un visage de pluie des yeux hagards je heurte ma vie à petits coups de marteau ne passez pas si vite j’ai besoin de votre chaleur souffrez j’ai besoin de votre sang     Les yeux à marée haute Editions Saint-Germain- des-Prés, 1977 Voir aussi : « je n’ai jamais cessé d’être... » (13/09/2019) « elle traversait pieds nus... » (13/09/2021)
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01 septembre 2020

Olvido Garcia Valdés (1950 -) : « Sur le point de se briser... » / « A punto de quebrarse... »

  Sur le point de se briser comme les courbes qui composent l’attitude des vierges dans certaines annonciations italiennes ainsi, miroitant et fragile était le vol pour finir. Icare dans l’eau.  Un court moment, le pied chaussé d’une douce sandale bleue. Comme un oiseau mort dans les mains d’un enfant. Pendant ce temps, le paysan laboure, le pêcheur s’incline, et le berger regarde le ciel. Deux aigles planent. Des bateaux suivent la route du cristal. Pénétrante et profonde est la distance entre le rêve... [Lire la suite]
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25 août 2020

Anne Bihan (1955 -) : Amer I

  Amer I   ...elle a toujours été là, dans le mouvement du fleuve, a toujours été par tout temps son horizon, son infini, à la démesure du ciel, pas de première fois, mémoire vide, juste le récit familial de bébé de deux mois dans l’été 1955 qui prend le bateau pour aller jusqu’à l’île ; et son odeur – iode, goémon, marée – sûrement a pénétré en premier le corps par les narines, cela sent ressent tout à cet âge ; ou alors c’est avant déjà bien avant, écrit dans l’immensité bleue des yeux du père,... [Lire la suite]
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19 août 2020

Jany Cotteron (1944 -) : Laisse-moi

  Laisse-moi   Laisse-moi J’ai des vagues de haine au bord de mes paupières Des flux de mots amers en houle de silence   Laisse-moi Dans l’écume de sang où chavire ma vie Dans le ressac lancinant qui gémit dans ma tête   Laisse-moi Sur le sable de l’absence se sont brisés mes coquillages Et les poisons des grandes eaux ont fermé leurs écailles   Le chant des pierres et de l’eau Editions Samizdat, 1218 Grand-Saconnex (Suisse) Voir aussi : F aille (18/08/2018) N’importe où... [Lire la suite]
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09 août 2020

Anna Akhmatova / Анна Ахматова (1889 - 1966) : « Nous ne boirons pas dans le même verre... » / « Не будем пить из одного стакан

  Nous ne boirons pas dans le même verre Ni de l’eau ni du vin doux, Nous n’échangerons pas de baisers le matin, Et le soir nous ne serons pas ensemble à la fenêtre. Ton signe est le soleil ; le mien, la lune ; Mais nous vivons d’un seul amour.   Mon tendre ami fidèle est toujours avec moi, Ton amie joyeuse est toujours avec toi, Mais je comprends l’effroi dans ces yeux gris, Et tu es la cause de mon malaise. Nous espaçons nos rencontres trop brèves. C’est notre lot : protégeons notre paix.   Oui, mais... [Lire la suite]
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