12 janvier 2021

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : « La bannière de mon corps... »

 C   La bannière de mon corps flotte au vent brandebourgeois. Une vieille femme veut entrer dans ma chambre, je la vois à travers la porte, sa main de feutre rouge appuyant en vain sur le loquet ; des parcelles de ses cris me parviennent comme la chanson barbare d'un violon reprisant la nuit ; Je vais lui glisser une rose sous la porte. une rose de sang noir, peut-être partira-t-elle ? Et je pourrai me vautrer dans le hamac de mûrier mais sa voix hoquète : Ophélie Je m'appelle Ophélie, ouvrez-moi, O-phé-lie… —... [Lire la suite]
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10 janvier 2021

Renée Vivien (1877 – 1909) : Le toucher

   Le toucher   Les arbres ont gardé du soleil dans leurs branches. Voilé comme une femme, évoquant l’autrefois, Le crépuscule passe en pleurant... Et mes doigts Suivent en frémissant la ligne de tes hanches.   Mes doigts ingénieux s’attardent aux frissons De ta chair sous la robe aux douceurs de pétale... L’art du toucher, complexe et curieux, égale Les rêves des parfums, le miracle des sons.   Je suis avec lenteur le contour de tes hanches, Tes épaules, ton col, tes seins inapaisés. Mon... [Lire la suite]
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03 janvier 2021

Alicia Suskin Ostriker (1937 -) : Huitième et treizième / The Eighth and Thirteenth

  Huitième et Treizième     La Huitième de Chostakovitch, Mise en musique du comble De l’horreur qu’offre l’histoire, A été rediffusée hier soir Sur les ondes nationales. Seule Devant mon vin, j’ai bu Cette sombre symphonie Jusqu’à la lie sordide. Le compositeur Accentue les tierces mineures, l’avalanche Des cuivres s’abat sur l’ensemble en grumes Tout juste retranchées de leur forêt, qu’emportent Courant et chant de bateliers. Comme des corbeaux  Qui sentent venir la viande, Les hautbois volent... [Lire la suite]
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17 décembre 2020

Joyce Mansour (1928 – 1986) : La cuirasse

  La cuirasse   Quand la guerre pleuvra sur la houle et sur les plages J’irai à sa rencontre armée de mon visage Coiffée d’un lourd sanglot Je m’étendrai à plat ventre Sur l’aile d’un bombardier Et j’attendrai Quand le ciment brûlera sur les trottoirs Je suivrai l’itinéraire des bombes parmi les grimaces de la foule Je me collerai aux décombres Comme une touffe de poils sur un nu Mon œil escortera les contours allongés de la désolation Des morts brasillants de soleil et de sang Se tairont à mes côtés Des... [Lire la suite]
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11 novembre 2020

Leanne O’Sullivan (1983 -) : Enfants du Cillínach / Children of the Cillínach

  Enfants du Cillínach (*)   Viens à nous avec des lis et des reines des prés, viens à nous de cœur et non de vue, cette palpitation d’amour toute douleur encore, dans le cercueil de sombre terreau de ton ventre.   Maman, j’ai reconnu ton poids et la longueur de tes mains douces alors que tu t’inclinais sur ce sol rude, à l’abandon. Je t’ai reconnue aux pâquerettes d’oubli   liées avec de la ficelle bleu et rouge. J’ouvre les yeux ; tu me regardes. Si jamais on m’autorise une voix tu me... [Lire la suite]
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31 octobre 2020

Anne-José Lemonnier (1958 -) : « Le vent déchirent les feuilles mortes... »

    Le vent déchirent les feuilles mortes et les vagues déferlent remontent sur la plage emportant les pensées échouées sans suite sur le sable   Demeure la table l’appui fidèle du bois son passé d’arbres et de racines force taillée dans la patience et dans la gravité des forêts   Demeure le chat coquillage de sagesse enroulé sur la page blanche   Le vent déchire les années déchire aussi les déchirements de tout ce temps   La main d’aujourd’hui rature les mots douleur et joie et... [Lire la suite]
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26 octobre 2020

Marina Tsvétaïeva / Марина Ивановна Цветаева (1892 – 1941) ) : Ah ! les vains regrets de ma terre

    Ah ! les vains regrets de ma terre M’ont révélé tous leurs secrets ! Je suis, en tout lieu, solitaire, Peu m’import où je dois errer...   Portant mon sac, je rentre encore Du marché le long des bâtisses, Vers une maison qui m’ignore Comme une caserne, un hospice...   Mais peu m’importe de connaître, Pauvre lionne hérissée, Tous les milieux d’où je vais être Infailliblement évincée.   N’étant plus de ma langue éprise, Et sourde à son appel lacté, Ne pouvant plus être comprise,... [Lire la suite]
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22 octobre 2020

Déwé Gorodey (1949 -) : Nuits blanches

  Nuits blanches ... [Lire la suite]
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17 octobre 2020

Nelly Sachs (1891 - 1970) : « C’est l’heure planétaire des fugitifs... « / « Das ist der Flüchtlinge Planetenstunde... »

    C’est l’heure planétaire des fugitifs. C’est la fuite arracheuse des fugitifs vers le haut mal, vers la mort !   C’est la chute astrale hors de l’arrestation magique du seuil, du foyer, du pain.   C’est la pomme noire de la connaissance, la peur ! Soleil d’amour éteint qui fume ! C’est la fleur de la hâte, aspergée de sueur ! Ce sont les chasseurs issus de rien, rien que de fuite.   Ce sont des pourchassés, qui portent dans les tombes leurs cachettes mortelles.  ... [Lire la suite]
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15 octobre 2020

Annie Salager (1965 -) : Courants d’amour par temps de paix

  Courants d’amour                             Courants de paix par par temps de paix                               temps de guerre   Parfois une épée traverse... [Lire la suite]
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