18 octobre 2017

Denise Le Dantec (1939 -) : « O l’adieu… » (18/10/2017)

  O l’adieu sous l’attelage funèbre du ciel, Le dos tordu des nuages        Au Champ Sainte-Anne Les saxos soufflent avec leurs becs de bois        Et nos corps affranchis tombent dans un inconnu de pommiers délabrés de leurs mousses   Revue « Vagabondages, N°36, Février 1982 » Association Paris-poète Librairie Séguier, 1981 Voir aussi : « Nous ne sommes plus rien… » (29/01/2017) Mésange (06/10/2018)
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16 octobre 2017

Nelly Sachs (1891- 1970) : « Rêve surcroît du dormeur… » / « Traum der den Schlafenden... »

  Rêve surcroît du dormeur empaquetée de visions flotte la lettre   Spirale ellipse cercle nourrissons du temps membres morts secoués dans les tortures les explosions les guerres croissant à nouveau – Je t’aime comme tous les nuages qui passent comme tous les vents du monde –   Figures de ténèbres balbutiantes hérissées de frissons persona déchiffrant la poussière noms obscurs et scellés tirés du fond du puits Oural Tibet pays atteint du mal du soir pèlerins cheminant sur autant de linceuls ... [Lire la suite]
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15 octobre 2017

Anne Hébert (1916 – 2000) : Fin du monde

  Fin du monde   Je suis le cri et la blessure, je suis la femme à ton flanc qu’on outrage et      qu’on viole.   L’Apocalypse t’enchaîne à son char, l’horreur te lie les mains, amour,      amour, qui t’a crevé les yeux ?   Mon coeur de paix violente, je te l’avais donné, plus nu que mon corps.   J’ai des caresses ruisselantes, la mort et les larmes sont mes parures.   Mon âme, sous un feu si noir, sèche comme le sel, et ta soif s’y pose, ... [Lire la suite]
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12 octobre 2017

Andrée Chedid (1920 – 2011) : Par-delà les mots

      Par-delà les mots…   Par-delà les mots Elle sécrète la parole   En deçà du verbe Elle questionne l’univers   Au-delà des murailles Elle nomme la liberté   En deçà de chaque flot Elle révèle l’océan   Désertant les conquêtes Elle promet l’équipée   Elle remue le souffle Sacre l’humble outil   Elle assemble les fragments Du visage dispersé   Et désigne le mystère Qui demeure entier.   Par delà les mots… Editions Flammarion, 1995 Du même... [Lire la suite]
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02 septembre 2017

Laurice Schehadé (1908 - 2009) : « Jardins d’orangers amers… »

           Jardins d’orangers amers au pied de la montagne, le ciel était un toit, le passant un ami. Je traçais dans l’air des mots qui voulaient dire une histoire. Les ans au passage les ont détruits pour donner à l’âne gris un collier de coquillages et je n’arrive plus à démêler la douce nuit d’avec la lumière sonore. Le bonheur jouait au bonheur sous les orangers de mon pays, mariée, belle mariée.   *      Ivre du grand parcours des fleuves, je porte et je... [Lire la suite]
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26 août 2017

Marina Tsvétaïeva / Марина Ивановна Цветаева (1892 - 1941) : « Une fleur est accrochée à ma poitrine… » / « Кто приколол - не по

  Une fleur est accrochée à ma poitrine ; Qui me l’a accrochée ? – Je ne sais plus. Ma faim est insatiable De tristesse, de passion, de mort.   Par le violoncelle, le grincement Des portes et le tintement des verres, Et par le cliquetis des éperons Et le cri des trains de nuit –   Par le coup tiré de la chasse, Par le grelot des troïkas – Vous m’appelez, vous m’appelez, Vous, que je n’aime pas !   Il est pourtant un délice : J’attends celui qui le premier Me comprendra enfin ... [Lire la suite]
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05 août 2017

Anna Akhmatova / Анна Ахматова (1889- 1966) : Solitude / Уединение

  Solitude   On m’a jeté tant de pierres, Que plus aucune ne m’effraie, Le piège s’est fait haute tour, Haute parmi les hautes tours. Je remercie ceux qui l’ont construite, Qu’ils cessent de s’inquiéter, de s’attrister. De tous les côtés je vois l’aube plus tôt. Et le dernier rayon du soleil triomphe ici. Souvent dans les fenêtres de mes chambres Entrent les vents des mers du nord, Et le pigeon mange dans mes mains du grain… Cette page que je n’ai pas finie, La main brune de la Muse, Divinement calme et... [Lire la suite]
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30 juillet 2017

Mérédith Le Dez (1973 -) : « Front collé à la vitre …

  XVII   Front collé à la vitre de février, une nostalgie de Baltique s’épand à l’horizon. Sous le paquet anthracite des nuages s’étrécit une zone claire que l’on dirait sableuse, où le souvenir arpente comme un marcheur regrette une négligence.   La musique tend des pièges de mer, des algues d’oubli douce, les tresses d’une cage de sirène suspendue entre des eaux intemporelles, ou des miroirs ondoyant.   Foulée jaune en lisière de plage. Le soir grise sur la mer les coques des épaves en rouille,... [Lire la suite]
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24 juillet 2017

Hélène Cadou (1922 - 2014) : Ilarie Voronca...

  Ilarie Voronca…   Ilarie Voronca Comment pourrais-je avouer ce que je vous dois ? Des soirs tristes comme une lanterne au bord de la ville Une amitié plus légère qu’un fantôme d’île Patmos aperçue dans la brume (Etait-ce le séjour des poètes Etais-ce le navire heureux Où Dante s’embarqua pour retrouver Béatrice ?) Ilarie Voronca vous êtes une longue route oubliée Un frère que je n’ai pas connu et qui m’arrive Tel un arbre perdu Une fenêtre ouverte au plus noir de l’exil Vous nous avez précédés... [Lire la suite]
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14 juillet 2017

Wisława Szymborska (1923 /2012) : Psaume / Psalm

      Psaume   Ô, combien perméables sont les frontières humaines ! Voyez tous ces nuages qui passent, impunément, ces sables du désert filant d’un pays à l’autre, ces cailloux des montagnes pénétrant chez l’ennemi en d’insolents sursauts !   Est-il besoin de prendre un à un les oiseaux qui volent ou qui se posent sur la barrière baissée ? Ne serait-il qu’un moineau, et voilà que déjà sa queue est limitrophe, et son bec indigène. Et puis, qu’est-ce qu’il gigote !   Parmi... [Lire la suite]
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