25 juillet 2020

Mariem Mint Derwich (1964 -) : Qui n’a pas aimé tes yeux...

  Qui n’a pas aimé tes yeux...   Au creux d’une paume tremblée la nuit s’allonge et ton sommeil rend la nuit aux étoiles Du croissant de lune au jour quand les arbres s’endorment doucement tes paupières baissées murmurent une femme des bords de sable et de mer J’ai posé une prière sur tes épaules mot après mot j’efface le langage le silence est une histoire pour le plus profond de la nuit Qui n’a pas aimé tes yeux n’a jamais aimé Qui n’a pas aimé tes yeux... Refermer la main en son tremblement emprisonner... [Lire la suite]
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19 juillet 2020

Florence Pazzottu (1962 -) : « éteint l’amer rivage... »

    éteint l’amer rivage où murit toute attente mais d’une ardeur étreinte et pure, douce, à flanc de perte ourdie le silence peuplé de la mer                     * déposé tout visage loin des rives enfiévrées voix offertes au corps sans âge du silence le nu est océan nul exil                     * viens ou si tu ne... [Lire la suite]
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12 juillet 2020

Wisława Szymborska (1923 - 2012) : La femme de Loth / Żona Lota

La femme de Loth   Je me suis retournée, parait-il, par curiosité. Mais je pouvais avoir d’autres raisons encore. Je me suis retournée par regret de ma coupe d’argent. Par mégarde, en renouant le lacet de ma sandale. Pour ne plus voir la nuque intègre de Loth mon époux. Certaine soudain que si je tombais morte, il ne prendrait même pas le temps de s’arrêter. Par l’insoumission des humbles. Pour guetter les clameurs de la poursuite. Frappée par le silence espérant que Dieu avait changé d’avis. Nos deux filles... [Lire la suite]
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25 juin 2020

Angèle Vannier (1910 – 1980) : Vent printemps

Vent printemps   Celles qu’on éteignait celles au blanc promises Celles qu’on habillait de silence et de froid Celles qui ronronnaient des leçons bien apprises Cœur battant cils baissés mais qui n’y croyaient pas.   Celles qu’on enfermait dans des chapelles grises Celles qu’on emmurait dans les plus hautes tours Celles qui n’attendaient qu’un signe de la brise Ont cassé leurs carreaux pour passer dans l’amour.   Nous t’embrasserons trois fois sur la bouche Chevalier printemps pas très comme il faut. ... [Lire la suite]
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21 juin 2020

Erika Vouk (1941-) : « Le long du lit tari... » / « Po presahli beli strugi... »

  Le long du lit tari je cours et je t’appelle, toi qui est autre ; qui ne sais rien des vagues ruées sur les mots et la peau, rien des marées cruauté tendre, rien de l’eau qui se perd en soi, rien des charmes du sud, rien de ce temps qui fait de moi une autre.   Traduit du slovène par Barbara Poganik, In, « Les Poètes de la Méditerranée. Anthologie », Editions Gallimard, Culturesfrance, 2010   Po presahli beli strugi tečem in te kličem, ki si drugi ; ki ne veš za strmo... [Lire la suite]
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20 juin 2020

Laure Morali (1972 -) : Grâce

   Grâce Grâce aux vents qui me tiennent chauds Grâce à la caresse de l’air Et au bruit enivrant de la ville Grâce aux fleurs que je plante Et au ciel qui se couvre Grâce aux mouvements calme des draps sur la corde à linge Grâce aux grands yeux d’un petit garçon Grâce à l’amour qui n’appartient à personne Et glisse lentement avec l’eau de l’orage sous la terre Grâce au tintement des casseroles chaque soir à huit heures Grâce aux amies qui vous prêtent leurs vêtements Grâce aux charbons ardent de la colère... [Lire la suite]
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13 mai 2020

Sapphô / Σαπφώ (vers 1630 – vers 1580 av. J. C.) : « Et je ne reverrai jamais... »

  Et je ne reverrai jamais ma douce Attys. Mourir est moins cruel que ce sort odieux ; Et je la vis pleurer au moment des adieux. Elle disait : « Je pars. Partir est chose dure. » Je lui dis : « Sois heureuse, et va, car rien ne dure. Mais souviens-toi toujours combien je t’ai aimée. Nous tenant par la main, dans la nuit parfumée, Nous allions à la source ou rôdions par les landes. J’ai tressé pour ton cou d’entêtantes guirlandes ; La verveine, la rose et la fraîche hyacinthe ... [Lire la suite]
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04 mai 2020

Marie Noël (1883 – 1967) : Vision

  Vision   Quand j’approcherai de la fin du Temps, Quand plus vite qu’août ne boit les étangs, J’userai le fond de mes courts instants ;   Quand les écoutant se tarir, en vain J’en voudrai garder pour le lendemain, Sans que Dieu le sache, un seul dans ma main ;   Quand la terre ira se rétrécissant Et que mon chemin déjà finissant Courra sous mes pieds au dernier versant ;   Quand sans reculer pour gagner un pas, Quand sans m’arrêter ni quand je suis las, Ni dans mon sommeil,... [Lire la suite]
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01 mai 2020

Marcela Delpastre (1925 – 1998) : « Entre toutes choses... » / « Entre tot... »

      Entre toutes choses je louerai la main. Cinq doigts. Le poing fermé, l’oiseau qui dort, la tête sous l’aile.      Cinq doigts. Le poing qui se déplie comme une aile, la feuille de mai. L’oiseau qui se réveille. La tête, les pattes, le bec. La main vivante. Je te louerai.      La main qui s’ouvre et s’étend vers l’arbre et vers le pain, vers l’ombre et le soleil, et la chaleur du feu.      La main qui est faite pour prendre le pain de la... [Lire la suite]
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22 avril 2020

Marceline Desbordes – Valmore : La lune des fleurs

  La lune des fleurs Douce lune des fleurs, j'ai perdu ma couronne ! Je ne sais quel orage a passé sur ces bords. Des chants de l'espérance il éteint les accords, Et dans la nuit qui m'environne, Douce lune des fleurs, j'ai perdu ma couronne. Jette-moi tes présents, lune mystérieuse, De mon front qui pâlit ranime les couleurs ; J'ai perdu ma couronne et j'ai trouvé des pleurs ; Loin de la foule curieuse, Jette-moi tes présents, lune mystérieuse. Entrouvre d'un rayon les noires violettes, Douces comme les yeux du... [Lire la suite]
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