19 février 2017

Andréa Montiel (1950 -) : Du néant je suis prisonnière

  Du néant je suis prisonnière     Du néant je suis prisonnière.   Je cherche les mots pour noter toutes choses Et quelques gestes obscurs pour illuminer le sentier.   Les sous-entendus sans loi comparaissent Et on marche à tâtons vers un lendemain sans nom.   On n’a pas de nom. Tout au plus un domicile solitaire dans un quartier de rencontres fortuites.   Pendant ce temps les jours se décantent dans l’écoulement irrépressible et muet de la vie qui poursuit sa route vers la mort. ... [Lire la suite]
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18 février 2017

Joyce Mansour (1928 – 1986) : « Le téléphone sonne… »

  Le téléphone sonne Et ton sexe répond. Sa voix rauque de chanteur Fait frémir mes ennuis Et l’œuf dur qu’est mon cœur Frit.   Déchirures, Edition de Minuit, 1955 Voir aussi : Bleu comme le désert (15/01/2017) Chant arabe (22/03/2017) « Vous ne connaissez pas… » (29/04/2017)      
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12 février 2017

Louise Labé (1524 – 1566) : « Je vis, je meurs… »

  Je vis, je meurs : je me brûle et me noie. J'ai chaud extrême en endurant froidure ; La vie m'est et trop molle et trop dure. J'ai grands ennuis entremêlés de joie ; Tout à un coup je ris et je larmoie, Et en plaisir maint grief tourment j'endure ; Mon bien s'en va, et à jamais il dure ; Tout en un coup je sèche et je verdoie.   Ainsi Amour inconstamment me mène ; Et, quand je pense avoir plus de douleur, Sans y penser je me trouve hors de peine.   Puis, quand je crois... [Lire la suite]
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11 février 2017

Heather Dohollau (1925 – 2013) : « Si pour vivre … »

  Si pour vivre il suffit de toucher la terre Comme le vent aux doigts légers joue dans le blé toujours mur L’amour serait le chant de l’oiseau dans l’arbre Le nuage qui passe dont même l’ombre reste claire Mais le blé ne germe qu’au soleil noir de la mort Et l’autre demeure notre linceul sous le ciel   Le Point de rosée, Editions Folle Avoine, 1999 Voir aussi : « Matière de lumière les murs… » (14(01/2017) De mon lit (21/03/2017) L’après-midi à Bréhat (28/04/2017)  
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10 février 2017

Jennifer Clemen( 1960 -) : Tiens ma robe

  Tiens ma robe   J’accrocherai mes vêtements près de tes complets – les manches encore moulées se toucheront comme des bras.   Lorsque nous serons tous deux assis à lire, ma page tournera en réponse à la tienne   Mon souffle embuera ton miroir, nous laverons nos mains avec le même savon.   Et tu tiendras ma robe afin que je puisse y pénétrer.     Traduit de l’anglais par Marie Evangéline Arsenault In, «l’Inconnu et le marin de Newton »,  Editions Ecrits des Forges... [Lire la suite]
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09 février 2017

Marina Tsvétaïeva / Марина Ивановна Цветаева (1892 - 1941): « Il me plaît que vous ne soyez pas fou de moi… » / Мне нравится, чт

  Il me plaît que vous ne soyez pas fou de moi,  Il me plaît de ne pas être folle de vous, Et que jamais le lourd globe terrestre Ne fuie au-dessous de nos pieds. Il me plaît de pouvoir être ridicule – Troublée – et de ne pas jouer sur les mots, Et de ne pas souffrir d’une faiblesse étouffante Lorsque nos deux manches se frôlent.   Il me plaît aussi que devant moi Tranquillement vous enlaciez une autre, Et que vous ne souhaitiez pas les feux De l’enfer parce que moi j’en embrasse un autre. Que vous ne... [Lire la suite]
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08 février 2017

Marceline Desbordes – Valmore (1786 - 1859) : Les Roses de Saadi

  Les roses de Saadi   J'ai voulu ce matin, te rapporter des roses ; Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir. Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées.  Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir. La vague en a paru rouge et comme enflammée.  Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée : Respires-en sur moi l'odorant souvenir.    Poèmes inédits,  Jules Fick, Genève,... [Lire la suite]
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07 février 2017

Monica Mansour (1936 -) : Lumière

  Lumière   le vendredi à sept heures du soir par toutes les portes entre un flamboiement pour célébrer la création du monde chaque septième jour la mer de lumière se prête de nouveau à la terre pour que l’on puisse distinguer ses formes pour que l’on continue à leur donner chaque jour un nouveau nom le vendredi à sept heures du soir tu es morte en regardant vers la porte et la lumière t’as inondée   depuis un cercueil en bois arbre creux endormi ton corps retournera dans un drap blanc à l’ombre... [Lire la suite]
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06 février 2017

Françoise Hàn (1928 -) : Notes en marge

  Notes en marge   De l'ouvert on ne parle pas   Les peintres chinois devant l'ouvert tracent d'un pinceau léger une calligraphie   La nuit parfois dans l'absence de couleurs (mais c'est une image grossière)   L'impossible n'est pas l'ouvert   ce qui reflue des rives de l'été quand la lumière vacille n'est pas l'ouvert ce qui paraît au-delà de la musique de l'amour des grands pavots silencieux n'est pas l'ouvert   car dans la musique dans l'amour dans les fleurs ... [Lire la suite]
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05 février 2017

Donatella Bisutti (1948 -) : Violence

  Violence   Anges vêtus de fil barbelé   Anges aux langues arrachées anges privés de cri                * Faire gicler le sang.                  Il gicle sur le mur                sur les habits des curieux               ... [Lire la suite]
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