04 avril 2022

Cartographie Messyl (19 ? -) : Le verbe

Photographie : Litzic   Le verbe   Aujourd’hui, je me suis dévêtue Totalement je dis Ou Trois fois le rien Porté les bras ouverts Je suis le verbe Le corps en verbe Pas de terminaison Aucune conjecture   Ni le temps ni l’espace Pas même le présent Le verbe dans son infinitif Brut et sans mouvement Posé dans le froid du dico Ou plutôt évadé L’infinitif qui n’attend rien Qui se vit           ... [Lire la suite]
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27 mars 2022

Clod’Aria (1916 - 2015) : « Depuis qu’il était gaga... »

    Depuis qu’il était gaga qu’elle le poussait dans une petite voiture son Don Juan elle était soulagée l’épouse soulagée tranquille souriante il était là bien à elle comme un bébé il n’irait plus jamais la tromper   (Voir vivre, 1977)   Poèmes choisis Plein chant éditeur, 1976 Voir aussi :   La mère de famille (30/03/2019) Symbole (27/03/2020) J’ai jamais pu... (31/03/2021)
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21 mars 2022

Inger Christensen (1935 - 2009) : Il

  Il   Il est une pièce minuscule, cachée           dans la source de l’espérance Il est un matin le rouge du soleil           la dernière couleur que j’oublierais Il est dans le trèfle précoce ce que je           trouve très tôt sans chercher Il est une fissure dans la terre de l’hiver           printemps obstiné, bouche d’eau ... [Lire la suite]
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17 mars 2022

Li Qingzhao / 李清照 (1084 – vers 1155) : Tristesse de la séparation

Illustration par Yu Yige   Tristesse de la séparation   Dans l’encensoir doré, la cendre est déjà refroidie La couverture de soie rouge ondule tout au long de la nuit Je me lève sans avoir le courage de me peigner Laissant ma coiffeuse se couvrir de poussière Et les rideaux fermés, inondés du soleil déjà haut De peur de raviver ma douleur Je retiens ma tristesse Je ne trouve personne pour partager ma souffrance Je maigris de chagrin, l’ivresse n’y est pour rien La mélancolie d’automne encore moins   Tout... [Lire la suite]
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15 mars 2022

Montserrat Álvarez (1969) : Argos

  Argos, chien d’Ulysse, ouvre tes yeux aveugles, l’homme ne mérite ni ton amour ni ta pitié, l’homme se regarde à minuit dans le miroir et son visage épouvantable se brise en éclats de rire L’homme est une créature que Satan a forgée en pétrissant des monceaux de matières monstrueuses et quand il trouve devant lui son propre visage infame il montre du doigt un supposé démon Argos, chien d’Ulysse, ne trompe plus ta noble cécité qui ne comprend plus le Bien, piège du Mal, ni non plus ce dernier, et qui n’a pas connu ... [Lire la suite]
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09 mars 2022

Selma Meerbaum-Eisinger (1924 – 1942) : « Ô toi, sais-tu comment crie un corbeau ?... » / « Du, weißt du, wie ein Rabe schreit..

  Ô toi, sais-tu comment crie un corbeau ? Et comment la nuit, blême, effrayée, Ne sait plus par où s’enfuir ? Sais-tu comment, anxieuse, elle ne sait plus Si c’est son règne ou si ce n’est plus son règne, Si elle appartient au vent ou si c’est lui qui lui appartient ? Et les loups, avec leur voracité, Ne sont-ils pas prêts à nous déchirer ?   Ô toi, sais-tu comment le vent hurle aujourd’hui Et comment la forêt, blême, effrayée, Ne sait plus par où s’enfuir ? Sais-tu comment, anxieux,... [Lire la suite]
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06 mars 2022

Heather Dohollau (1925 – 2013) : Lieux

  Lieux   ELOGE DE L’ENNUI LLWYN Y PIA   D’ici à là-bas     le monde s’étire l’ennui a pris     un visage d’herbe midi est loin     au bord de la pelouse   chaque fleur de pensée     bricole son espace pétales veloutés     pourpre propre aux rois avec un œil jaune     pour tout regard   le vide en somme     se creuse à l’horizon l’éternité... [Lire la suite]
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03 mars 2022

Kikí Dimoulá / Κική Δημουλά (1931 - 2020) : Signe de reconnaissance /Σημείο ναγνωρίσεως

    Signe de reconnaissance Statue de femme aux mains liées   Tout le monde t’appelle aussitôt statue et moi aussitôt je te donne le nom de femme.   Tu décores un jardin public. De loin tu nous trompes. On te croirait légèrement redressée pour te souvenir d’un beau rêve, et prenant ton élan pour le vivre. De près le rêve se précise : tes mains sont liées dans le dos par une corde de marbre et ta posture, c’est ta volonté de trouver quelque chose qui t’aide à fuir l’angoisse du prisonnier. On... [Lire la suite]
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17 février 2022

Zu Shuzhen / 朱淑真 (1135 – 1180) : La pure clarté

  La pure clarté Air : « Lavant les sables du ruisseau »   Dans les ruelles au printemps les tendres pêchers crachent leur éclat vermeil. Premier essai des habits de saison, légers et de soie fine. Dans la douce brise et la brume tiède les hirondelles forment leur nid   Dans les courettes demeurent déroulés et délaissés les stores de bambou marbré, Dans ma chambre, séquestrée derrière la porte rouge fermée d’une longue barre. Atmosphère agaçante, voilà encore la fête de la Pure Clarté ! ... [Lire la suite]
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12 février 2022

Danielle Collobert (1940 – 1978) : « déraper dans les souvenirs... »

  déraper dans des souvenirs de pluie le long des docks sur les quais – sur la ville - ou sur les terres rases – les dunes – en bordure de mer – des mots bien consistants – là – chargés d’images – lourds comme des bateaux pleins – des mots- clefs – pour ouvrir des paysages – des départs -  et d’autres souvenirs – avec des mots pour les visages – les mains – un corps -  vieilli souvent -  le prochain – bientôt – leurs corps – leurs regards – des mots ouvrants    Dire : I-II  Seghers /... [Lire la suite]
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