27 janvier 2018

Francine Caron (1945 -) : Jetée

  Jetée (Le Pouliguen)   Terre insolite comme héritée des eaux balayée d’incendies de glace léchée grande caresse femme à femme de l’accrue paresseuse des ondes Harem gris vert qui s’éternise et enfle et disparaît et se diffuse éventail moiré d’or  qui sombre et se respire                je suis de tes vagues de vent de tes courses marines de tes épaves et de tes trésors hachurés Le mouvement le mouvement sans cesse et ce destin ... [Lire la suite]
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24 janvier 2018

Shū Ting / 舒婷 (1952 -) : La perle, cette larme de mer

  La perle, cette larme de la mer   Dans ma paume tremblante est posée une perle, telle une larme jaune pâle gouttant de la mer…   quand les flots s’éloignent pleins de ressentiments, sanglotent devant la blanche poitrine de la terre, elle est larme brûlante dans les yeux du héros, elle a sa loyauté, la lumière envieuse                    ne saurait la changer en goutte d’eau pure ; quand l’ovation des vagues... [Lire la suite]
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12 janvier 2018

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : « J’ai plongé mon avide soif… »

    O        J’ai plongé mon avide soif dans l’algue de ton corps sur l’enclume reposé, splendide charogne, trésor des Galapagos j’ai plongé mes mains dans tes entrailles en ai retiré  la robe de pierres de la Dame Noire, pierres d’herbes, d’eau et de ciel, pierres de fils et de soleil.      J’ai plongé mes mains dans ton ventre, en ai retiré le cheval de bois blanc comme un astre, avec son harnais de tulipe.      J’ai plongé mes mains et mon... [Lire la suite]
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04 janvier 2018

Christine de Pisan (1361 – 1430 ?) : Je ne sais comment je dure

  Je ne sais comment je dure   Je ne sais comment je dure, Car mon dolent cœur fond d'ire Et plaindre n'ose, ni dire Ma douloureuse aventure,   Ma dolente vie obscure. Rien fors la mort ne désire. Je ne sais comment je dure.   Et me faut, par couverture, Chanter que mon cœur soupire ; Et faire semblant de rire. Mais Dieu sait ce que j'endure ; Je ne sais comment je dure. Voir aussi : La fille qui n’a point d’ami (13/03/2017) « Seulette suis… » (20/04/2017)  
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08 décembre 2017

Anne-José Lemonnier (1958 -) : « Au lieu de pleurer… »

  Au lieu de pleurer sur la tombe du jeune mort les amis se recueillent dans le chant familier   qui l’aidait à franchir les heures vers la nuit et qu’il a revêtu un matin pour mourir   afin que cet air lui prête quelquefois des bras pour entourer les vivants bien – aimés   Linceul de l’émotion humaine la musique abrite pour tous les jours   son âme qui respire et son pas de silence son sourire le plus secret un vol de mouettes sur les vagues   Une langue sauvage Editions... [Lire la suite]
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05 décembre 2017

Claire Genoux : « Vague immense de nos voix… »

  Vague immense de nos voix respirations qui nous rongeaient le ventre vague immense de nos souffles au-delà des voûtes comme de très hauts nuages   chevelure de nos voix peignée par les doigts du vent toison léonine aux boucles rousses de nos salives nos haleines ondulaient comme des guirlandes par-dessus les arbres et tous les toits de la ville chevelure nouée de nos cris - large bandeau au front des montagnes longue tresse d’air qui s’ébroue en lançant des appels aux sillages inconnues   chevelure de... [Lire la suite]
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12 novembre 2017

Sylvia Plath (1932 – 1963) : Berck plage / Berck-plage

      Berck plage    Et voilà la mer, cette grande absence. Le soleil – ventouse aspire ma brûlure.   Des sorbets aux couleurs électriques, puisés à même le gel Par de pâles filles, courent le ciel en des mains écorchées   Pourquoi ce calme ? Que me cache-t-on ? J’ai deux jambes et je vais souriante.   Un étouffoir de sable tue les vibrations ; Il s’étend sur des milles, les voix amenuisées   Flottent irréelles et rétrécies à demi. La ligne de vision,... [Lire la suite]
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09 novembre 2017

Anna-Elisabeth de Noailles (1876 – 1933) : Il fera longtemps clair ce soir

  Il fera longtemps clair ce soir   Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent. La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit, Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit, Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent…   Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur, Répandent leurs parfums et semblent les étendre ; On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre De peur de déranger le sommeil des odeurs.   De lointains roulements arrivent de la ville… La poussière qu’un peu... [Lire la suite]
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04 novembre 2017

Kalina Kovatcheva (1943 -) : Courrier

  Courrier   Un jour je vais écrire une lettre A mes parents décédés, Mais il va falloir La leur porter moi-même.   Traduit du bulgare par Anélia Véléva Revue « Hopala, N° 21, novembre 2005- février 2006 » 29800 Landerneau Voir aussi : La porte (28/01/2017)
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25 octobre 2017

Déwé Gorodey(1949 -) : Fille perdue

  Fille perdue   Tu sors de ce bar les yeux déchirés devant ton âme en miettes Tu n’es plus toi au fond de la case endormie sur la natte tressée de tes doigts perdus cette nuit dans ta chevelure que tu veux arracher parce que tu as trop bu parce que le bidasse de la nuit dernière a pris l’avion dans l’après-midi de Tontouta (1) Tu me regardes et j’ai honte Tu viens vers moi avec ton chagrin ta peine de sœur de femme de ponoche (2) Je m’enfuis de la ville je te fuis sœur de ma chair Je ne veux point te... [Lire la suite]
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