27 juin 2021

Sapphô / Σαπφώ (Vers 1630 – Vers 1580 av. J.C.) : Je serai toujours vierge

  Je serai toujours vierge   Je demeurerai vierge comme la neige Sereine, qui dort là-bas d’un blanc sommeil, Qui dort pâlement, et que l’hiver protège Du brutal soleil.   Et j’ignorerai la souillure et l’empreinte Comme l’eau du fleuve et l’haleine du nord. Je fuirai l’horreur sanglante de l’étreinte, Du baiser qui mord.    Je demeurai vierge comme la lune Qui se réfléchit dans le miroir du flot, Et que le désir de la mer importune De son long sanglot.   Traduit du grec par René... [Lire la suite]
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25 juin 2021

Angèle Vannier (1917 – 1980) : Pierre levée

    Pierre levée   Pierre je compatis à ta vie lente et dure. Même le saule en pleurs ne me déchire pas Comme le verbe d’or caché sous ton armure.   J’entrerai dans ta nuit dans la nuit de Noël Et quand tu te mettras à tourner sur toi-même Tu sauras qu’une seule enfant des hommes t’aime Et se souvient d’avoir été semblable à toi.   Bruyères de mon sang pardonnez-moi l’adieu Que je vous ai donné sans détourner la tête Je suis de ce granit qui pense et qui ne peut Traduire pour Jésus sa prière... [Lire la suite]
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22 juin 2021

Erika Vouk (1941 -) : « La nuit va tomber... / « Ze skorajnoč... »

  La nuit va tomber, mais les goélands gagnent les hauteurs de l’air, d’un blanc éclatant tout à l’heure, à présent, dans l’or mourant du crépuscule pareils aux mornes oiseaux gris de la légende sur le bateau mort du vieux timonier. – Le flux réveille la puanteur des algues mortes. Lune décroissante au nez effilé.   Traduit du slovène par Barbara Poganik et Alain Lance, In, « Les Poètes de la Méditerranée. Anthologie », Editions Gallimard, Culturesfrance, 2010     Ze skorajnoč, a v... [Lire la suite]
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16 juin 2021

Rita Mestokosho (1966 -) : « J’ai rêvé du Paradis... »

  J’ai rêvé du Paradis   Dans le monde du Paradis C’est l’hiver tout est blanc Les saisons vivent ensemble Et les Êtres de lumière Sont habillés de couleurs.   Je suis arrivée là-bas En plein rassemblement La voix invisible m’a parlé J’ai demandé où j’étais « Tu es au Paradis » m’a-t-il dit.   Je me suis étendu sur la neige Le froid n’existe pas Le Temps n’existe pas J’ai senti seulement un bien-être Que je ne peux pas expliquer.   Le Paradis vit sur la montagne Qui touche les... [Lire la suite]
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08 juin 2021

Françoise Morvan (1958 -) : Retour/Allège

  Retour   Le cri du grèbe et le roseau creusé Sur la grève ouverte ou le gravier d’eau Comme au travers d’un cristal de sulfure Rendent l’hiver plus tendre et plus fragile   Lorsqu’on entre à l’aube dans la maison vide Le long souvenir des amis perdus Forme un écran de soie tendu sur le jour Où vont sans êtres vues les formes des fantômes.   Allège   Cristaux de neige en train de se défaire au soleil Odeur bleuâtre du grésil Une abeille endormie de froid Le lin glacé dans l’armoire  ... [Lire la suite]
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13 mai 2021

Sapphô / Σαπφώ (Vers 1630 – Vers 1580 av. J.C.) « ... Rien n’est plus beau... »

Alphonse Osbert (1857 - 1939) : Sapho ou La poésie lyrique. Huile sur panneau   ... Rien n’est plus beau, dit l’un, qu’une imposante armée ; L’autre : rien n’est plus beau qu’une escadre en plein vent. Rien n’est plus beau pour moi que le coeur de l’aimée Chacune fait son choix et risque en le suivant Des enfants des parents, un nom, des biens quittés ; Hélène pour Pâris fit brûler des cités. Le doux bruit de tes pas, ton beau visage tendre, J’aimerai mieux le voir, j’aimerai mieux l’entendre Que le char... [Lire la suite]
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05 mai 2021

Marie Noël (1883 – 1967) : « Quand il est entré dans mon logis clos... »

  Chanson   Quand il est entré dans mon logis clos, J’ourlais un drap lourd près de la fenêtre, L’hiver dans les doigts, l’ombre sur le dos... Sais-je depuis quand j’étais là sans être ?   Et je cousais, je cousais, je cousais... — Mon cœur, qu’est-ce que tu faisais ?   Il m’a demandé des outils à nous. Mes pieds ont couru, si vifs dans la salle, Qu’ils semblaient, — si gais, si légers, si doux, — Deux petits oiseaux caressant la dalle.   De-ci, de-là, j’allais,... [Lire la suite]
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01 mai 2021

Marcela Delpastre (1925 – 1998) : « Comme l’eau va un jour... » / « Coma l’aiga que vai, un jorn... »

  Comme l’eau va un jour. Un jour que je m’attardais sous les trembles, un jour que le grand vent arrachait du ciel les nuées et les pauvres feuilles de l’arbre,      comme l’eau va et ne sait où elle va, une fois tu m’as regardée ; comme un rayon de soleil qui traverse un nuage et qui tombe sur l’eau, et qui vole plus loin,      ainsi tu m’as regardée ; une fois peut-être... le temps que passe l’eau, et le temps qui s’en va, le temps que le vent passe. Et ne me demande... [Lire la suite]
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22 avril 2021

Marceline Desbordes – Valmore (1786-1859) : La fileuse

La fileuse   Le ciel est haut, la lune est rouge et pleine ; Le tisserand chante à manquer d’haleine ; La terre tourne et travaille tout bas ; Et mon fuseau pourtant ne tourne pas !           Mon lin se casse,           Ma main est lasse ;           Sans toi soleil,           J’ai tant sommeil !   De mon... [Lire la suite]
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09 avril 2021

Hadassa Tal (1953 -) : Fille

  Fille Peut-être vais-je révéler ton nom le crier, le crier lentement le respirer peut-être vais-je le taire l’unir à l’ivresse du raisin pressé le siroter et grogner, imbibée de vent murmurer un hymne aux herbes marines le dégorger de rochers suant dans la lumière, pieds dans l’eau peut-être vais-je y déchirer le silence le déposer dans le ventre d’une cigale et dans les éboulis de sa voix, ton nom s’élèvera si pleinement humain, comblant de douceur la vie. Peut-être… peut-être vais-je livrer la flamme... [Lire la suite]
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