06 mai 2017

Catherine Pozzi (1882 – 1934) : Vale

  Vale   La grande amour que vous m’aviez donnée Le vent des jours a rompu ses rayons — Où fut la flamme, où fut la destinée Où nous étions, où par la main serrée           Nous nous tenions     Notre soleil, dont l’ardeur fut pensée L’orbe pour nous de l’être sans second Le second ciel d’une âme divisée Le double exil où le double se fond     Son lieu pour vous apparaît cendre et crainte, Vos yeux vers lui ne l’ont pas reconnu L’astre... [Lire la suite]
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01 mai 2017

Sabine Sicaud (1913 – 1928) : « N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili… »

  N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili, Elle est dans les chemins craquelés de l’été, dans la paille des meules, dans le bois sec de ton armoire, … si tu sais bien l’entendre. Elle est aussi dans le cœur du criquet. Vassili, Vassili, parce que tu as froid, ce soir, Ne nie pas le soleil.   Les poèmes de Sabine Sicaud Editions Stock, 1964 Voir aussi : Vous parlez ? (14/04/2017)   Chemins du Nord (07/02/2018)  
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30 avril 2017

Jeanne Mégnen (19 ? – 19 ?) : Demain, commencera le bruit.

  Demain, commencera le bruit   La lumière crie, elle m’épaule. Le rayon perpétue l’ardeur étale, Les cordes sont tendues à se rompre… … Vous vous taisez…   Je me heurte de front à l’arbre décharné. Parce que tout est muet, j’entends l’air craquer…                Patiente. Les ailes étendent leur ombre sur nos prés et nous gardent. Tous les chiens sont rentrés. Les clochettes marchent en couronne vers la falaise.   Nous porterons... [Lire la suite]
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29 avril 2017

Joyce Mansour (1928 – 1986) : Pericoloso sporgersi

  Pericoloso sporgersi   Nue Je flotte entre les épaves aux moustaches d’acier Rouillées de rêves interrompus Par le doux ululement de la mer Nue Je poursuis les vagues de lumière Qui courent sur le sable parsemé de crânes blancs Muette je plane sur l’abîme La gelée lourde qu’est la mer Pèse sur mon corps Des monstres légendaires aux bouches de pianos Se prélassent dans les gouffres à l’ombre Nue je dors   * Vois je suis dégoûtée des hommes Leurs prières leurs toisons Leur foi leurs façons J’en ai... [Lire la suite]
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28 avril 2017

Heather Dohollau (1925 – 2013) : L’après-midi à Bréhat

  L’après-midi à Bréhat   pour Tanguy   Débarquer dans l’île est une entrée en douceur. Comme si d’être tenue en main de mer faisait trembler une balance sensible, une respiration secrète.   On pénètre dans l’île par un chemin qui va vers l’intérieur. Avec la royauté des maisons sur leur socle rocheux et l’étonnement des arbres d’avoir si près d’eux le tout autre.   La lumière est une couronne placée par des mains invisibles sur notre tête à tous. Partout la mer est regard et l’île – une ... [Lire la suite]
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27 avril 2017

Pernette du Guillet (1520 – 1545) : « La nuit était pour moi si très-obscure… »

  La nuit était pour moi si très-obscure Que Terre et Ciel elle m'obscurcissait, Tant qu'à Midi de discerner figure N'avais pouvoir - qui fort me marrissait (*) :     (*) m’affligeait Mais quand je vis que l'aube apparaissait En couleurs mille et diverse, et sereine Je me trouvai de liesse si pleine - Voyant déjà la clarté à la ronde - Que commençai louer à voix hautaine (*)      (*) à haute voix Celui qui fit pour moi ce Jour au Monde.     Rymes de gentile, et... [Lire la suite]
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25 avril 2017

Marceline Desbordes – Valmore (1786 -1859) : Les séparés

  Les séparés   N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre. Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau. J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre, Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.                               N'écris pas!   N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes. Ne demande qu'à Dieu...qu'à toi, si je... [Lire la suite]
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24 avril 2017

Louise Labé (1524 – 1566) : « Tant que mes yeux… »

  Tant que mes yeux pourront larmes épandre, A l’heur passé avec toi regretter : Et qu’aux sanglots et soupirs résister Pourra ma voix, et un peu faire entendre :   Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignard Luth, pour tes grâces chanter : Tant que l’esprit se voudra contenter De ne vouloir rien fors que toi comprendre :   Je ne souhaite encore point mourir. Mais quand mes yeux je sentirai tarir, Ma voix cassée, et ma main impuissante,   Et mon esprit en ce mortel... [Lire la suite]
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20 avril 2017

Christine de Pisan (1361 – 1430 ?) : « Seulette suis… »

  Seulette suis et seulette veux être, Seulette m'a mon doux ami laissée, Seulette suis, sans compagnon ni maître, Seulette suis, dolente et courroucée, Seulette suis, en langueur mesaisée (*),            (*) mal à l’aise Seulette suis, plus que nulle égarée, Seulette suis, sans ami demeurée.   Seulette suis à huis ou à fenêtre, Seulette suis en un anglet muciée (*),,             (*) cachée Seulette... [Lire la suite]
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19 avril 2017

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : « Des soleils noirs… »

    Des soleils noirs Les soleils noirs Millions de soleils noirs Girent dans le ciel Dévorent le ciel S’abattent sur les pavés Eventrent les églises du Bon Dieu Eventrent les hôpitaux Eventrent les gares Comme de visqueuses méduses Eventrent les eaux des ports Poussent sur les visages des femmes Poussent dans les mains des hommes qui ont des mains Poussent effroyables jouets dans les mains des enfants Mille soleils de faims inassouvissables Mille soleils de vertige et de douleur Mille soleils de... [Lire la suite]
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