09 mai 2017

Marie-Noël (1883 – 1967) : « Les chansons que je fais… »

  Les chansons que je fais, qu’est-ce qui les a faites ?...   Souvent il m’en arrive une au plus noir de moi… Je ne sais pas comment, je ne sais pas pourquoi C’est cette folle au lieu de cent que je souhaite.   Dites-moi… Mes chansons de toutes les couleurs, Où mon esprit qui muse au vent les a-t-il prises ? Le chant leur vient – d’où donc ? – comme le rose aux fleurs Comme le vert à l’herbe e t le rouge aux cerises.   Je ne sais pas de quels oiseaux, en quel pays De buissons creux et pleins de songe... [Lire la suite]
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06 mai 2017

Catherine Pozzi (1882 – 1934) : Vale

  Vale   La grande amour que vous m’aviez donnée Le vent des jours a rompu ses rayons — Où fut la flamme, où fut la destinée Où nous étions, où par la main serrée           Nous nous tenions     Notre soleil, dont l’ardeur fut pensée L’orbe pour nous de l’être sans second Le second ciel d’une âme divisée Le double exil où le double se fond     Son lieu pour vous apparaît cendre et crainte, Vos yeux vers lui ne l’ont pas reconnu L’astre... [Lire la suite]
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01 mai 2017

Sabine Sicaud (1913 – 1928) : « N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili… »

  N’oublie pas la chanson du soleil, Vassili, Elle est dans les chemins craquelés de l’été, dans la paille des meules, dans le bois sec de ton armoire, … si tu sais bien l’entendre. Elle est aussi dans le cœur du criquet. Vassili, Vassili, parce que tu as froid, ce soir, Ne nie pas le soleil.   Les poèmes de Sabine Sicaud Editions Stock, 1964 Voir aussi : Vous parlez ? (14/04/2017)   Chemins du Nord (07/02/2018)  
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30 avril 2017

Jeanne Mégnen (19 ? – 19 ?) : Demain, commencera le bruit.

  Demain, commencera le bruit   La lumière crie, elle m’épaule. Le rayon perpétue l’ardeur étale, Les cordes sont tendues à se rompre… … Vous vous taisez…   Je me heurte de front à l’arbre décharné. Parce que tout est muet, j’entends l’air craquer…                Patiente. Les ailes étendent leur ombre sur nos prés et nous gardent. Tous les chiens sont rentrés. Les clochettes marchent en couronne vers la falaise.   Nous porterons... [Lire la suite]
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29 avril 2017

Joyce Mansour (1928 – 1986) : « Vous ne connaissez pas… »

  Vous ne connaissez pas mon visage de nuit Mes yeux tels des chevaux fous d’espace Ma bouche bariolée de sang inconnu Ma peau Mes doigts poteaux indicateurs perlés de plaisir Guideront vos cils vers mes oreilles mes omoplates Vers la campagne ouverte de ma chair Les gradins de mes côtes se resserrent à l’idée Que votre voix pourrait remplir ma gorge Que vos yeux pourraient sourire Vous ne connaissez pas la pâleur de mes épaules La nuit Quand les flammes hallucinantes des cauchemars  réclament ... [Lire la suite]
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28 avril 2017

Heather Dohollau (1925 – 2013) : L’après-midi à Bréhat

  L’après-midi à Bréhat   pour Tanguy   Débarquer dans l’île est une entrée en douceur. Comme si d’être tenue en main de mer faisait trembler une balance sensible, une respiration secrète.   On pénètre dans l’île par un chemin qui va vers l’intérieur. Avec la royauté des maisons sur leur socle rocheux et l’étonnement des arbres d’avoir si près d’eux le tout autre.   La lumière est une couronne placée par des mains invisibles sur notre tête à tous. Partout la mer est regard et l’île – une ... [Lire la suite]
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27 avril 2017

Pernette du Guillet (1520 – 1545) : « La nuit était pour moi si très-obscure… »

  La nuit était pour moi si très-obscure Que Terre et Ciel elle m'obscurcissait, Tant qu'à Midi de discerner figure N'avais pouvoir - qui fort me marrissait (*) :     (*) m’affligeait Mais quand je vis que l'aube apparaissait En couleurs mille et diverse, et sereine Je me trouvai de liesse si pleine - Voyant déjà la clarté à la ronde - Que commençai louer à voix hautaine (*)      (*) à haute voix Celui qui fit pour moi ce Jour au Monde.     Rymes de gentile, et... [Lire la suite]
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25 avril 2017

Marceline Desbordes – Valmore (1786 -1859) : Les séparés

  Les séparés   N'écris pas. Je suis triste, et je voudrais m'éteindre. Les beaux étés sans toi, c'est la nuit sans flambeau. J'ai refermé mes bras qui ne peuvent t'atteindre, Et frapper à mon coeur, c'est frapper au tombeau.                               N'écris pas!   N'écris pas. N'apprenons qu'à mourir à nous-mêmes. Ne demande qu'à Dieu...qu'à toi, si je... [Lire la suite]
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24 avril 2017

Louise Labé (1524 – 1566) : « Tant que mes yeux… »

  Tant que mes yeux pourront larmes épandre, A l’heur passé avec toi regretter : Et qu’aux sanglots et soupirs résister Pourra ma voix, et un peu faire entendre :   Tant que ma main pourra les cordes tendre Du mignard Luth, pour tes grâces chanter : Tant que l’esprit se voudra contenter De ne vouloir rien fors que toi comprendre :   Je ne souhaite encore point mourir. Mais quand mes yeux je sentirai tarir, Ma voix cassée, et ma main impuissante,   Et mon esprit en ce mortel... [Lire la suite]
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20 avril 2017

Christine de Pisan (1361 – 1430 ?) : « Seulette suis… »

  Seulette suis et seulette veux être, Seulette m'a mon doux ami laissée, Seulette suis, sans compagnon ni maître, Seulette suis, dolente et courroucée, Seulette suis, en langueur mesaisée (*),            (*) mal à l’aise Seulette suis, plus que nulle égarée, Seulette suis, sans ami demeurée.   Seulette suis à huis ou à fenêtre, Seulette suis en un anglet muciée (*),,             (*) cachée Seulette... [Lire la suite]
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