24 juillet 2019

Vénus Khoury-Ghata : « Lorsqu’un arbre pleure … » (24/07/2019)

  Lorsqu’un arbre pleure toute sa sève qu’il se frappe l’aubier pour exprimer sa douleur qu’il se traîne à genoux autour de son écorce il faut lui parler le langage d’avril lui dire l’automne n’est qu’une invention.   Anthologie personnelle Actes Sud, 1997 Voir aussi : « Parce que leurs noms étaient trop larges… » (19/03/2017)
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29 juin 2019

Catherine Pozzi (1882 – 1934) : Maya

  Maya   Je descends les degrés de siècles et de sable Qui retournent à vous l’instant désespéré Terre des temples d’or, j’entre dans votre fable           Atlantique adoré.   D’un corps qui ne m’est plus que fuie enfin la flamme L’Âme est un nom chéri détesté du destin — Que s’arrête le temps, que s’affaisse la trame, Je revins sur mes pas vers l’abîme enfantin.   Les oiseaux sur le vent dans l’ouest marin s’engagent, Il faut voler, bonheur, à l’ancien... [Lire la suite]
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25 juin 2019

Angèle Vannier (1910 – 1980) : « Je suis née de la mer... »

  Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de pavots avaient maculé mes pieds nus Les soirs où les bergers m'appelaient dans la ronde Pour passer le furet de ma main dans leurs mains Furet des bois jolis furet des vieux jardins.   Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop de chênes avaient appris à mon corps nu Cette haute caresse où l'écorce connaît La façon d'arracher aux jeunes filles blondes Des gouttes de bonheur de quelque sainte plaie.   Je suis née de la mer et ne le savais plus Trop... [Lire la suite]
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04 mai 2019

Marie-Noël (1883 – 1967) : Connais-moi...

  Connais-moi ...   Connais-moi si tu peux, ô passant, connais-moi ! Je suis ce que tu crois et suis tout le contraire : La poussière sans nom que ton pied foule à terre Et l'étoile sans nom qui peut guider ta foi.   Je suis et ne suis pas telle qu'en apparence : Calme comme un grand lac où reposent les cieux, Si calme qu'en plongeant tout au fond de mes yeux, Tu te verras en leur fidèle transparence...   Si calme, ô voyageur... Et si folle pourtant !  Flamme errante, fétu, petite feuille morte... [Lire la suite]
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18 avril 2019

Christine de Pisan (1361 – 1430 ?) : « Apprenez-moi, doux ami... »

  Apprenez-moi, doux ami, S’il est vrai ce que j’ois dire, Que d’ici la Saint Remy Devait aller en l’Empire, En Allemagne bien loin Demeurer, comme j’entends, Quatre mois ou trois du moins ? Hélas ! que j’aurai mautemps !   Ne pourrait jour ni demi Sans vous voir rien me suffire Et quand vous serez de mi Eloigné, quel dur martyre ! De mourir me fut besoin Mieux que le mal que j’attends ; Ronger me faudra mon frein. Hélas ! que j’aurai mautemps !   Mon cour partira... [Lire la suite]
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09 avril 2019

Véra Linhartova (1938 -) : « Les années s’allient... »

  Les  années  s’allient  et  s’annulent     L’instant      à   la réflexion     peut toujours revenir sur ses pas   tandis que moi   je serai repartie  pour  d’autres  instants  tout aussi irréfléchis     Villes  entières     allées     rues  et  ponts ne s’écroulent point sous la gravité de ces départs   Les... [Lire la suite]
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30 mars 2019

Clod’Aria (1916 – 2015) : La mère de famille

    La mère de famille   Et quand elle eut trimé tant trimé tant gratté tant frotté tant râclé qu’elle en devint ridée   Et quand elle eut cousu tant cousu tant rabattu décousu recousu qu’elle en devint bossue   Et quand elle eut donné tant donné tant distribué partagé prodigué qu’elle en fut dépouillée   Alors ils s’en allèrent bien nippés bien repus égoïstes ingénus   et la mère mourut.   Poèmes choisis Plein chant éditeur, 1976
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05 mars 2019

Heather Dohollau (1925 – 2013) : « Une lumière rose... »

  Une lumière rose derrière les paupières Les oiseaux brisent à petits coups L’œuf de silence Un parfum de chèvrefeuille Nappe les airs. Il y a si peu de temps Pour être matin Entre le sommeil et le soir   Matière de lumière, Editions Folle Avoine, 1985 Voir aussi :  « Matière de lumière les murs… » (14/01/2017)  « Si pour vivre il suffit de toucher la terre… » (11/02/2017) « De mon lit… » (21/03/2017) L’après-midi à Bréhat (28/04/2017) « Descendre  à... [Lire la suite]
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22 février 2019

Marguerite de Navarre (1492 – 1549) : « Las ! tant malheureuse je suis ... »

  Las ! tant malheureuse je suis, Que mon malheur dire ne puis, Sinon qu'il est sans espérance : Désespoir est déjà à l'huis (*)          (*) porte Pour me jeter au fond du puits Où n'a d'en saillir apparence.   Tant de larmes jettent mes yeux Qu'ils ne voient terre ni cieux, Telle est de leur pleur abondance. Ma bouche se plaint en tous lieux, De mon coeur ne peut saillir mieux Que soupirs sans nulle allégeance (*).    (*) soulagement     ... [Lire la suite]
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21 février 2019

Ananda Devi (1957 -) : « Je ne vous connais pas ... »

  Je ne vous connais pas J'ignore jusqu'à votre nom Votre visage m'est étrange Balafré de sa rage   Quand vous déchirerez ma page Vous saurez qui j'étais Un trou, un remous Un déchet sur un rêve   Vous le maître de nos destins Dont je ne connais pas le nom D'où vous vient cette colère Cette fureur sans pardon ?   J'ai eu beau fuir Vous me ramenez Me tirant par mes cheveux Comme la dernière des damnées.   Quand la nuit consent à me parler Editions Bruno Doucey, 2011 Voir aussi : ... [Lire la suite]
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