27 mars 2020

Clod’Aria (1916 – 2015) : Symbole

  Symbole   Je cherche un pin tordu, Un pin qui me ressemble, Un pin qu’auront battu Tous les vents de Novembre,   Un pin au tronc noueux, Crevassé, biscornu, Dont le cœur sera creux Et le creux vermoulu,   Un pin aux branches noires Tendues vers un ciel gris, Vers un ciel de déboires, Vers un ciel de mépris.   Je cherche un pin tordu, Un pin qui me ressemble, Un pin qu’auront mordu Tous les froids de Décembre,   Un pauvre pin cassé, Décharné, racorni, Par l’hiver tourmenté Et... [Lire la suite]
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05 mars 2020

Heather Dohollau (1925 – 2013) : Le tertre blanc

  Le tertre blanc   après la route         le chemin dépassant la croix et les jardins aux maisons vides pour arriver au tertre où les branches de fenouil étoilent de tout près le ciel et la mer est en bas la distance est toujours temps les pas heurtent le rien entre ici et là       ces maisons plus loin informent autrement l’air et vu du dehors le jardin a perdu pied tout est plus bas           plus... [Lire la suite]
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11 février 2020

Danièle Collobert (1940 – 1978) : reprendre

  reprendre – avant la certitude de l’impossibilité – reprendre chaque jour les tentatives pour y arriver – inlassablement - çà n’à jamais cessé – depuis la première fois – au début - comme une seconde naissance – le long de la mer – le long d’une baie où la mer déferle avec violence – tout le temps – marcher pendant des jours – entre la ligne de mer et les marais – pas un arbre -  pas une maison pendant des jours – jusqu’à l’épuisement – l’abandon – la solitude au monde – la peur pour la première fois – collée... [Lire la suite]
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03 février 2020

Louise Labé (1526- 1666) : « Ô doux regards... »

  Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté Petits jardins pleins de fleurs amoureuses Où sont d’Amour les flèches dangereuses, Tant à vous voir mon oeil s’est arrêté !   Ô coeur félon, ô rude cruauté, Tant tu me tiens de façons rigoureuses, Tant j’ai coulé de larmes langoureuses, Sentant l’ardeur de mon coeur tourmenté !   Donques, mes yeux, tant de plaisir avez, Tant de bons tours par ces yeux recevez ; Mais toi, mon coeur, plus les vois s’y complaire,   Plus tu languis, plus en as de souci. Or... [Lire la suite]
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12 janvier 2020

Gilberte H. Dallas (1918 – 1960) : A Vincent Van Gogh

  V   A Vincent Van Gogh   Dans la chambre hermétique et sur les routes de chrome plus closes encore, où           vit ton amour      Je t’ai vu.      J’ai vu ton sang éclos en de grands tournesols, stigmates jaillissants de tes mains comme de splendides soleils de quatorze juillet aux mains des facteurs et des bougnats ;      Perpétuelles toccatas de feu dans l’outremer de ta gloire.   ... [Lire la suite]
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11 janvier 2020

Anna-Elisabeth de Noailles (1876 - 1933) : L’empreinte

  L’Empreinte   Je m’appuierai si bien et si fort à la vie, D’une si rude étreinte et d’un tel serrement, Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie Elle s’échauffera de mon enlacement.   La mer, abondamment sur le monde étalée, Gardera, dans la route errante de son eau, Le goût de ma douleur qui est âcre et salée Et sur les jours mouvants roule comme un bateau.   Je laisserai de moi dans le pli des collines La chaleur de mes yeux qui les ont vu fleurir, Et la cigale assise aux branches de... [Lire la suite]
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07 janvier 2020

Prune Mateo (1978 -) : Les jours obscurs

  Les jours obscurs   o on peut regarder le ciel très longtemps oo         o notre appartement à Orlando avait vue sur la baie   des heures   fixant les eaux proche de m’assoupir   toujours attendre jusqu’à ce que rien ne soit stable oo       o des heures à fixer les eaux jusqu’à ce que tout s’évanouisse   l’eau est ce vide qui ne trouve pas de forme   il faudrait parler agir mais mes yeux prisonniers   cherchent ... [Lire la suite]
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27 décembre 2019

Fabienne Courtade (1957 -) : « Nuits / d’une noirceur à l’autre... »

  Nuits d’une noirceur à l’autre quel lambeau furtif   quel instant infime retombe nuit gravat      d’autres nuits ou bien les mêmes   replis foule qui passe se répète aubes aux lignes   lointaines nuits     sur quoi sur qui     viennent et s’érigent ces mêmes levers blancs morts vifs     aux anges des murs où avions-nous buté mille fois sans jamais plus arrêter   Nuits foules qui passe lorsque se... [Lire la suite]
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18 décembre 2019

Joyce Mansour (1928 – 1986) : « Les vices des hommes... »

  Les vices des hommes Sont mon domaine Leurs plaies mes doux gâteaux J’aime mâcher leurs viles pensées Car leur laideur fait ma beauté.   Cris Editions Seghers, 1953 Voir aussi : Bleu comme le désert (15/01/2017)  Le téléphone sonne (18/02/2017) Chant arabe (22/03/2017)  « Vous ne connaissez pas… » (29/04/2017) Trous noirs (22/03/2018)
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15 novembre 2019

Lucie Thésée (? – 19...) : « Beau comme ... »

  Beau comme…        Beau comme une haute vague écumante jaillissant dans un globe de cristal.      Beau comme un léger souffle dans le tulle de la vie.      Beau comme un pleur à la pointe d’un jour radieux sur in visage parfaitement immobile.       Beau comme la flamme.      Beau comme un immense ciel insondable percé d’une étoile de dernière grandeur.           Mais... [Lire la suite]
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