130710171[1]

 

Argos, chien d’Ulysse, ouvre tes yeux aveugles,

l’homme ne mérite ni ton amour ni ta pitié,

l’homme se regarde à minuit dans le miroir

et son visage épouvantable se brise en éclats de rire

L’homme est une créature que Satan a forgée

en pétrissant des monceaux de matières monstrueuses

et quand il trouve devant lui son propre visage infame

il montre du doigt un supposé démon

Argos, chien d’Ulysse, ne trompe plus ta noble

cécité qui ne comprend plus le Bien, piège du Mal,

ni non plus ce dernier, et qui n’a pas connu

l’indignation vertueuse de celui qui condamne et hait

Dieu t’as mis au monde pour être son Testament

Tu illumines la nuit de l’âme des hommes

En toi la vie veut vivre sans tâche sur la conscience

et dans tes entrailles il n’y a pas le signe de la Mort

Quand c’est la fin, le grand Être qui t’a fait

surgit de sa profondeur à sa surface

pour que tu coures un peu et t’ébattes parfois,

tu l’incorpores docile et en paix et sans rancoeurs

A votre naissance vous êtes plusieurs, tes frères et toi,

comme s’il s’agissait de la pâte archaïque des choses

Des morceaux jumeaux et différents se dispersent

dans le brio et la joie des choses cosmiques,

tel une partie d’étoiles, et dans l’intervalle

d’une journée claire où il n’y a  pas de péché,

vous bondissez sur la terre, l’emplissant de force.

 

                                                                                   (Dark zone et autres poèmes)

 

Traduit de l’espagnol

Revue « Conséquence #3 », 2019

Voir aussi :

 Icare (11/03/2020)

Elle voit plus loin (11/03/2021)