Alicia-Ostriker-BW1[1]

 

Au restaurant Révélation

 


Ecclésiaste est en face de moi

Et chaque fois que je me mets à me plaindre

Il éclate de rire

 

Parfois tellement de bon cœur et à brûle-pourpoint

Qu’il en renverse sa soupe––

Bouddah (le garçon) me comprend

 

Lorsque je lis les beaux caractères

De son spécial ouverture spirituelle

Rejette la naissance sors de la roue

 

Mais Mama Gaia sort enjuponnée de sa cuisine

Et lance : Devons-nous mépriser notre corps

Tout simplement parce que philosophes et laboratoires,

 

Prêtres, politiciens, publicitaires

Et cinéma nous disent de le faire ?

Et moi, de lui dire tout bas :Mama, j’aime mon corps

 

Sa toilette son contact dans la baignoire

Pour commencer, si agréable, puis la danse

Et le baiser––trop tard pour s’arrêter maintenant––

 

Car je sais que mes yeux et mon clitoris

Vont redevenir boue ou poussière comme le Prédicateur

Me le rappelle, que la mort sera

 

En toute probabilité fort douloureuse

Mama, pour moi ce soir ça sera

Soupe, salade, entrée, dessert.

 

 

Traduit de l’anglais par Jean Migrenne

In, Revue « Temporel, N°13, 29 Avril 2012

Revue en ligne publiée par l’Atelier GuyAnne, 77144 Chalifert

Voir aussi :

Huitième et treizième / The Eighth and Thirteenth (03/01/2021)