angelevannier300[1]

 

Pierre levée

 

Pierre je compatis à ta vie lente et dure.

Même le saule en pleurs ne me déchire pas

Comme le verbe d’or caché sous ton armure.

 

J’entrerai dans ta nuit dans la nuit de Noël

Et quand tu te mettras à tourner sur toi-même

Tu sauras qu’une seule enfant des hommes t’aime

Et se souvient d’avoir été semblable à toi.

 

Bruyères de mon sang pardonnez-moi l’adieu

Que je vous ai donné sans détourner la tête

Je suis de ce granit qui pense et qui ne peut

Traduire pour Jésus sa prière muette.

 

Règne du minéral ouvre-moi ton église

Et travaillons ensemble à refuser l’hiver.

Pierre levée nous prévaudrons contre l’enfer

Le diable et ses petits ricanent dans la brise

Et qu’ils fassent leurs dents leurs ongles sur nos chairs

Qui durent lentement debout face à la mer.

 

A hauteur d'ange

La maison du poète, Dilbeek (Belgique),1955

Voir aussi :

L’aveugle à son miroir (29/06/2017)

J’adhère (25/06/2018)

« Je suis née de la mer » (25/06/2019)

Vent printemps (25/06/20)