hadassa[1]

 

Fille

Peut-être vais-je révéler ton nom

le crier, le crier lentement

le respirer

peut-être vais-je le taire

l’unir à l’ivresse du raisin pressé

le siroter et grogner, imbibée de vent

murmurer un hymne aux herbes marines

le dégorger de rochers suant dans la lumière, pieds dans l’eau

peut-être vais-je y déchirer le silence

le déposer dans le ventre d’une cigale et dans les éboulis de sa voix,

ton nom s’élèvera si pleinement humain, comblant de douceur la vie.

Peut-être…

peut-être vais-je livrer la flamme désespérée à la rose

faire germer le chagrin dans la terre, et avec lui, une étourderie printanière

peut-être fleurira-t-elle

depuis les frissons du jardin en friche je crierai « Viens, le dîner est prêt »

Mais parle, parle-moi comme les saisons, parle-moi comme la pluie,

parle

Je comprendrai peut-être le poème éternel des mortels.

 

      Dans la pupille de ta perte, moi, un reflet

Toi, la fine lumière emperlée qui tombe.

 

      Tu as glissé

comme la soie sur la peau

d’un corps nu,

sur les seins

de la nuit

noire

brûle

une

étoile

 

Traduit de l’hébreu par Eliana B.R.

In, Revue « Temporel, N°2, 23 Avril 2007 »

Revue en ligne publiée par l’Atelier GuyAnne, 77144 Chalifert