helene_cadou1[1]

 

Déjà je ne trouve plus ton visage

Qui dérive sous l’épaisseur des jours

Et déjà ta voix m’arrive si basse

Que je ne sais plus écouter ton chant

Me faudra-t-il oublier ton image

Me perdre sans toi dans une autre nuit

Pour qu’au fond de l’ombre et de la souffrance

Naisse le printemps qui nous est promis.

 

Tu m’es revenu ce matin

Le soleil est sur la maison

Si je savais le retenir

Dans la corbeille d’un beau jour

Peut-être viendrais-tu parfois

Faire halte au milieu de ta nuit

Et dormir encore avec moi

Dans la paille de ses rayons.

 

Il y avait tant de silence

Tant de présence dans cette chambre

Toutes les lampes

Sur nos lèvres le même sourire

Que lorsqu’Elle est venue vers toi

Elle avait le visage du printemps.

 

Je sais que tu m’as inventée

Que je suis née de ton regard

Toi qui donnais lumière aux arbres

Mais depuis que tu m’as quittée

Pour un sommeil qui te dévore

Je m’applique à te redonner

Dans le nid tremblant de mes mains

Une part de jour assez douce

Pour t’obliger à vivre encore.

 

 

Le Bonheur du jour

Editions Seghers,1961

Voir aussi :

« Ce soir / la nuit est bleue… » (18/01/2017)

« J’ai vu des paysages… » (22/02/2017)

 « Ce printemps trop grand pour moi… » (03/04/2017)

Ilarie Voronca ... (24/07/2017)

 Le soleil griffait les tuiles... (09/10/2018)

« Pour croire encore au bonheur... » (08/10/2019)