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Les jours obscurs

 

o

on peut regarder le ciel très longtemps

oo

 

 

 

 

o

notre appartement

à Orlando

avait vue sur la baie

 

des heures

 

fixant les eaux

proche de m’assoupir

 

toujours attendre

jusqu’à ce que rien ne soit stable

oo

 

 

 

o

des heures

à

fixer les eaux

jusqu’à ce que tout s’évanouisse

 

l’eau est

ce vide

qui ne trouve pas de forme

 

il faudrait parler

agir

mais mes yeux prisonniers

 

cherchent

 

le seul vertige

oo

 

 

 

o

au début j’ai cru que c’était

la fatigue

ou l’ennui

 

c’est autre chose

 

une personne normale

n’est pas censée regarder

les

choses si longtemps

oo

 

 

 

o

avec tant d’espoir

oo

 

 

 

o

mes yeux s’échappent

au-delà de la ville

 

et j’ai l’impression

d’être

 

plusieurs personnes

oo

 

 

 

o

l’une d’elle est ici

à la fenêtre elle

contemple

 

le temps qui passe

sur

la place ensommeillée

 

mais je continue de croire qu’une autre quelque part

est en train de vivre ma vie

oo

 

 

 

o

des fois j’ai l’impression

d’avoir

mis en route une machine

dans ma tête

 

et j’aurais oublié de quoi il s’agissait au départ

 

maintenant c’est une voix rauque

qui parle à ma place

et décide généralement que les choses

ne valent

pas la peine d’être faites

oo

 

 

 

o

des hirondelles

 

des hirondelles en nombre

perdues

peut-être l’océan

 

oui

comment peut-on imaginer

oo

 

 

 

o

Derrière les cyprès

là où le jour tombe

sans hésiter

saute du pont

 

le danger est inutile

nos peurs sont inutiles

oublie tout çà

 

Regarde en bas

ce même vide chaque fois

oo

 

In, Revue « Conséquence,#2 »,2017