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Dormeurs enfouis sous la rivière

enfants aux yeux rivés

à l’envers des lueurs

veilleurs ensorcelés

sous l’aile du mirage

nous sentons grandir entre nous

des paysages impalpables

Les dieux oubliés se consument

dans le halo des marécages

Nous épions le miracle

égarés entre deux vents endormis

entre les planètes aveugles

les arbres sans mémoire

 

 

 

 

Pris au filet de la nuit brève

les visages de sable croulent

dans les ruines du soleil


Voici le vent sucré

venu des lunes vertes

comme une aube incertaine

à la pointe du cœur

 

Par quels chemins secrets

retrouverons-nous le domaine

 

Et nous errons sur des sentiers

crissants d’étoiles océanes

 

 

 

 

Enfants du silence et de l’ombre

tu reposais dans de grands lits

d’orties sauvages et de menthe

Tu rêvais sur le fleuve immense

dévoré par un feu de lune

Tes mains répandaient dans le vent

des océans et des forêts

Où sont tes nuits ange perdu

L’aube Ecoute le sang trop lourd

qui bat dans les coulées d’acier

Sens-tu la peur qui entre en toi

comme un couteau dans ta poitrine

Tu marches dans notre pays

vaisseau égaré dans les bruines

Tu ne vois pas le soleil luire

comme au premier matin du monde

 

La Voie du cœur de verre

Editions Saint-Germain-des-Prés, 1972