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Touchée par les paroles d’un fermier

pendant les chaleurs sèches

Kure wen tianfu yu you gan

 

Roue du soleil, feu charrié qui brûlent le ciel infini,

Jours caniculaires du sixième mois,

Les nuages secs en dix mille paliers rougeoient sans pleuvoir,

La terre se fend, les fleuves tarissent, poussière soulevée par le vent.

Les paysans craignent la mort des grains dans les champs,

Pédalent dans les norias, secourant les champs sans répit.

En ces longues journées, affamés, assoiffés, gorges en feu,

Sueur de sang, dure besogne mais à qui s’adresser ?

On a semé, planté, labouré, sarclé, notre travail est fait,

Mais toujours l’inquiétude d’un automne tardif sans moisson.

Les arcs-en-ciel ne viendront pas, en vain nous nous affairons,

Pleins de rancœur et sans lever la tête nous pleurons vers le ciel.

Je vous transmets ces mots, garçons indifférents des riches maisonnées,

Avec vos turbans de soie et vos éventails de plume, qu’allez-vous faire ?

Dans les champs le riz vert est à demi desséché et jauni,

Et vous tranquillement assis dans vos hautes salles, qu’en savez-vous,

     qu’en savez-vous ?

 

Traduit du chinois par Stéphane Feuillas

in, « Anthologie de la poésie chinoise »

Editions Gallimard (La Pléiade), 2015

Voir aussi :

Sur l’air « Sheng tsa tse » (23/04/2017)