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Vague immense de nos voix

respirations qui nous rongeaient le ventre

vague immense de nos souffles

au-delà des voûtes comme de très hauts nuages

 

chevelure de nos voix peignée par les doigts du vent

toison léonine aux boucles rousses de nos salives

nos haleines ondulaient comme des guirlandes

par-dessus les arbres et tous les toits de la ville

chevelure nouée de nos cris

- large bandeau au front des montagnes

longue tresse d’air qui s’ébroue

en lançant des appels aux sillages inconnues

 

chevelure de nos voix là-bas

averse étourdissante et fauve à l’épaule de la terre

 

Saisons du corps

Editions Empreintes, Chavannes-près-Renens (Suisse), 1999

Voir aussi :

Ne rien dire de mon corps (03/02/2017)

 « Gardons ce corps solide… » (10/03/2017)   

« Novembre… » (11/04/2017)