helene-bernerie[3]

 

Ilarie Voronca…

 

Ilarie Voronca

Comment pourrais-je avouer ce que je vous dois ?

Des soirs tristes comme une lanterne au bord de la ville

Une amitié plus légère qu’un fantôme d’île

Patmos aperçue dans la brume

(Etait-ce le séjour des poètes

Etais-ce le navire heureux

Où Dante s’embarqua pour retrouver Béatrice ?)

Ilarie Voronca vous êtes une longue route oubliée

Un frère que je n’ai pas connu et qui m’arrive

Tel un arbre perdu

Une fenêtre ouverte au plus noir de l’exil

Vous nous avez précédés sur les pentes de la solitude

Et les hommes vous furent hostiles.

Je crois entendre votre pas prisonnier de Novembre

Vous aimiez l’avenir

Les terrasses ensoleillées la bonté

Mais l’absence fut votre partage

Et le vent nu sur une tombe.

 

Cantate des nuits intérieures

Editions Seghers, 1958

Voir aussi :

« Ce soir / la nuit est bleue… » (18/01/2017)

« J’ai vu des paysages… » (22/02/2017)

 « Ce printemps trop grand pour moi… » (03/04/2017)