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Vous ne connaissez pas mon visage de nuit

Mes yeux tels des chevaux fous d’espace

Ma bouche bariolée de sang inconnu

Ma peau

Mes doigts poteaux indicateurs perlés de plaisir

Guideront vos cils vers mes oreilles mes omoplates

Vers la campagne ouverte de ma chair

Les gradins de mes côtes se resserrent à l’idée

Que votre voix pourrait remplir ma gorge

Que vos yeux pourraient sourire

Vous ne connaissez pas la pâleur de mes épaules

La nuit

Quand les flammes hallucinantes des cauchemars  réclament

     le silence

et que les murs mous de la réalité s’étreignent

Vous ne savez pas que les parfums de mes journées meurent

     sur ma langue

Quand viennent les malins aux couteaux flottants

Que seul reste mon amour hautain

Quand je m’enfonce dans la boue de la nuit

 

Rapaces

Editions Seghers, 1960

 

Voir aussi :

Bleu comme le désert (15/01/2017) 

Le téléphone sonne (18/02/2017)

Chant arabe (22/03/2017)

Trous noirs (22/03/2018)