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Je t’aime, hostile oiseau

 

Ce n’est pas de mourir que nous mourrons

 

Mais de porter le jour en mille échardes

D’être la proie d’un seul de nos visages

De tenir nos maisons pour le lieu

 

Ce n’est pas de mourir que nous mourrons

 

Mais de l’écume qui perd mémoire de ses tempes d’océan

 

De l’herbe forcée dans son repaire

Des plaines que l’heure racornit

 

Gorgés de forêts insondables

De n’en dévoiler qu’un rameau

Et du hasard,

Atoll qui se réduit

 

Vie tigrée sur nos vies

A quel filet te prendre ?

 

Je t’aime, hostile oiseau.

 

Double pays

G.L.M. éditeur, 1965

Voir aussi :

Le cœur naviguant (26/01/2017) 

L’escapade des saisons (06/03/2017)

Par-delà les mots (12/10/2017)

Voix multiples (13/10/2018)