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Quand vous voyez, que l'étincelle 

Du chaste Amour sous mon aisselle

Vient tous les jours à s'allumer, 

Ne me devez-vous bien aimer ?

 

Quand vous me voyez toujours celle,

Qui pour vous souffre, et son mal cèle, 

Me laissant par lui consumer, 

Ne me devez-vous bien aimer ?

 

Quand vous voyez, que pour moins belle 

Je ne prends contre vous querelle, 

Mais pour mien vous veux réclamer, 

Ne me devez-vous bien aimer ?

 

Quand pour quelque autre amour nouvelle

Jamais ne vous serai cruelle,

Sans aucune plainte former,

Ne me devrez-vous bien aimer ?

 

Quand vous verrez que sans cautelle 

Toujours vous serai été telle 

Que le temps pourra affermer, 

Ne me devrez-vous bien aimer ? 

 

Rymes de gentile, et vertueuse dame D. Pernette Du Guillet, Lyonnoise, 

Edité à Lyon  par Jean de Tournes, 1545

 

Voir aussi :

 « La nuit était pour moi si très-obscure… » (27/04/2017)

 

« Jà n'est besoin que plus je me soucie … » (13/03/2018)