DSC_5309_1_

 

Soleil

Hommage à Jean Cocteau

 

Mes yeux sont morts.

Mon bonheur de lumière s’est enfoncé dans l’eau,

L’interrogation de la nuit me tire

A l’envers des surfaces,

Je n’ai plus de la vie que sa racine obscure

Et plus ne m’illumine que ton innocence

Dans la tanière du jour.

Enfant médiatrice, chante-moi le soleil

Dans mon âme assourdie comme un bois sans clairière,

Redis-moi son désordre et sa crépitation,

Je ne reconnais plus que sa guenille chaude,

Mes yeux sont morts de transparences.

 

Chante-moi les masques du visible

Antigone,

Mes yeux sont des miroirs crevés.

 

Mais l’enfant ne voyait que les pierres du chemin.

 

Revue « Vagabondages, N°2, juillet-août 1978 »

Atelier Marcel Jullian éditeur